Sud-Ouest du 17 mai 2019 

Talence-Villenave : le point sur le futur pôle santé Bahia

Talence villenaveLa construction de Bahia est en cours sur le site de Bagatelle, à Talence. PHOTO H. P. 

Enquête publique et votation citoyenne sont en cours. Qu’en est-il des projets de regroupement de l’hôpital des armées Robert-Picqué et de la Fondation protestante Bagatelle ? 

Les travaux progressent vite sur le site de l’hôpital Bagatelle, là où prendra forme le regroupement de l’hôpital des armées Robert-Picqué et de la Fondation protestante Bagatelle dans le cadre du projet Bahia. Toutefois, en ce moment – jusqu’au 24 mai – se déroule une enquête publique sur laquelle tout un chacun est invité à s’exprimer. Dans le même temps, le député de la circonscription, Loïc Prud’homme, avec plusieurs associations de défense de l’hôpital public, ont lancé une « votation » qui s’achèvera, elle, le 22 mai.

De quoi brouiller les esprits : regroupement des deux hôpitaux entérinés depuis le 6 décembre 2016 ; chantier en cours ; enquête publique officielle et combat des opposants au regroupement qui assurent que « rien n’est encore joué ». Revue de détails. 

Enquête publique 

L’enquête publique en cours porte uniquement sur la démolition partielle du bâtiment emblématique de la Fondation Bagatelle, celui qui porte l’horloge et présente une entrée majestueuse."...

..."Il ne s’agit donc aucunement de se prononcer « pour » ou « contre » le regroupement des deux hôpitaux, qui lui est acté depuis septembre 2017 dans le cadre du Plan régional de santé. 

Une votation citoyenne

Le député des Insoumis, Loïc Prud’homme, développe l’argument selon lequel « la fermeture de l’hôpital Robert-Picqué à Villenave-d’Ornon est un renoncement à garder un service public de qualité et de proximité pour d’opaques calculs comptables ». Cette « fermeture » se ferait en supprimant des spécialités, en transférant d’autres vers « la clinique privée Bagatelle ».

« L’opération repose sur un budget de 90 millions d’euros : les impôts vont financer pour au moins 30 millions d’euros. On paye pour donner à une structure privée le monopole de nous soigner et d’encaisser une deuxième fois notre argent avec les remboursements des soins », ajoute le député. 

"Personne ne perçoit des dividendes" 

Gabriel Marly s’élève face aux propos du député. « Bagatelle n’est pas une clinique privée, dont le but serait effectivement de faire du profit, mais un hôpital privé participant au service public. Personne ne touche de dividendes, ni les membres du conseil d’administration, ni le président que je suis : tout va au fonctionnement. Tous les médecins interviennent en secteur 1 (NDLR : sans dépassement d’honoraires). C’est une obligation de la tutelle, l’Agence régionale de santé, et rien ne changera. »

Aux propos relatifs à la disparition de Robert-Picqué que met en avant le député, le président Marly répond : « L’hôpital des armées ne disparaît pas, il rejoint le site de Bagatelle distant de 800 mètres. Il y flottera le drapeau tricolore à côté du drapeau européen ; il y aura toujours des personnels en uniforme. J’ajoute que les trois communes concernées – Villenave, Talence, Bègles – se sont prononcées en faveur du regroupement, bien que certains aient préféré qu’il se fasse sur le site de Robert-Picqué mais ce ne fut pas le choix des ministères concernés ».

Quant aux 90 millions d’euros, Gabriel Marly indique qu’il s’agit d’un financement réalisé par la Fondation Bagatelle. « Si le choix avait été fait du regroupement sur Robert-Picqué, la facture se serait élevée à 180 millions, avec des fonds publics. Mais ça n’a pas été le cas. » 

Urbanisme : la question de l’espace 

Trop exigu pour les uns ou opportunité d’aménagement de la route de Toulouse pour les autres 

Robert-Picqué occupe 25 hectares à Villenave-d’Ornon, Bagatelle 6 hectares à Talence. Pour le député Loïc Prud’homme et ceux qui l’accompagnent, le futur complexe pose de nombreux problèmes d’urbanisme. Il parle alors d’un « urbanisme délirant, qui impactera les riverains dans un large rayon ; d’une circulation routière déjà très problématique route de Toulouse et qui va s’aggraver avec Bahia », « d’un accès incroyablement difficile pour les patients et leurs familles avec l’absence de stationnement en nombre suffisant ». Le député regrette aussi la suppression de l’héliport pour les cas les plus urgents."...

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