Sud-Ouest du 6 mai 2019 

La presqu’île d’Ambès veut lutter contre le moustique 

ENVIRONNEMENT Les six maires en appellent à Bordeaux Métropole pour une politique commune de lutte contre le moustique à partir de 2020

ambès moustiques

Il y a tout juste un an, le maire d’Ambès remettait au Département de la Gironde une pétition forte de 3 164 signatures et explicitement intitulée «Marre des moustiques sur la presqu’île d’Ambès ». « Aujourd’hui, commente Kevin Subrenat, c’est le statu quo. Le Département ne veut toujours pas faire de l’épandage pour lutter contre les moustiques.» 

Outre les arguments écologiques mis en avant, il y a fort à parier que le Conseil départemental joue la montre. En effet, à partir du 31 décembre prochain, le problème des moustiques ne sera plus le sien, mais celui de l’ARS (Agence régionale de santé). 

« Nous avons donc alerté le bureau de Bordeaux Métropole dès l’an dernier, souligne Michel Héritié, le maire d’Ambarès-et-Lagrave.» La semaine dernière une réunion rassemblant les six maires de la presqu’île d’Ambès (1) s’est tenue à la Métropole pour envisager leur avenir moustiquaire. «Il n’existe pas de «compétence moustique» pour Bordeaux Métropole, mais on pourrait envisager une solution en reprenant le personnel et le matériel de l’EID (Établissement interdépartemental pour la démoustication) et proposer aux communes des conventions pour traiter les moustiques », précise Michel Héritié. 

Pour sa part, Kevin Subrenat préférerait que ce service soit obligatoire pour toutes les communes. «N’oublions pas, complète Jean-Pierre Turon, le maire de Bassens, que le moustique n’a pas de frontières et il faudrait que toutes les communes aient la même politique en matière de démoustification 

En attendant cette lutte collective, les maires de la presqu’île font jouer la carte de la prévention. À Bassens, 500 pièges à moustiques ont été distribués à l’automne et une convention a été passée avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour développer la population naturelle de prédateurs de l’insecte piqueur. 

Moustique tigre 

Le combat à mener est double puisqu’il s’agit de limiter le moustique « classique » (Culex pipiens) qui hante les marais de la presqu’île, mais également de s’occuper efficacement du moustique tigre (Aedes albopictus). Lui, squatte en ville la moindre gamelle d’eau et ne circule que dans un périmètre de 150 mètres. De plus, cette dernière espèce est capable de transmettre des maladies telles que le chikungunya, le zika et la dengue. Un cas de dengue a d’ailleurs été diagnostiqué à Ambès l’été dernier. 

«Il faut une prise de conscience administrative, mais aussi individuelle », insiste Kevin Subrenat. C’est dans cette optique que le mois dernier la ville de Talence a lancé une opération «Coupez l’eau au moustique tigre», en incitant les habitants à prendre des mesures simples mais efficaces comme réduire les lieux d’eau stagnante ou curer les bondes et les rigoles extérieures. 

(1) Ambès, Bassens, Ambarès-etLagrave, Saint-Louis-de-Montferrand, Saint-Vincent-de-Paul, Carbon-Blanc