Sud-Ouest du 15 avril 2019 

« Pas de déni, il faut économiser l’eau » 

ZONE LITTORALE Elle ne sera pas épargnée par les possibles pénuries, avertit l’Agence de l’eau

pas de déni

"«Un diagnostic inquiétant», c’est ce que souhaitait partager l’Agence de l’eau Adour Garonne avec l’ensemble des acteurs concernés de la façade littorale (de la Charente-Maritime au Pays basque), vendredi à Pessac, en banlieue de Bordeaux. Même si les territoires proches de l’Atlantique ne sont pas les plus concernés par d’éventuelles pénuries dans l’avenir, l’intégralité du bassin Adour-Garonne est menacée. 

« Les études qui ont été menées jusqu’alors étaient basées sur un réchauffement du climat de 2°C dans le courant du siècle. Celles qu’on engage maintenant retiennent comme référence 3,5°C d’augmentation des températures moyennes, conformément à la trajectoire actuelle. Et les problèmes relatifs à la ressource en eau seront hélas plus lourds à gérer. Je ne veux pas me montrer anxiogène mais il faut dire les choses. Un changement d’habitudes est impératif. Ne soyons pas dans le déni : il faut économiser l’eau», avertit Martin Malvy, le président du Comité de bassin Adour Garonne (qui oriente l’action de l’Agence de l’eau).

Les courbes se croisent 

La zone littorale voit les courbes se croiser. Celle de la ressource en eau baisse du fait du réchauffement climatique. Celle de la population grimpe, qu’il s’agisse des villes côtières ou quasi côtières de Charente-Maritime (LaRochelle, Rochefort, Royan), du bassin d’Arcachon, de la côte sud des Landes ou du Pays basque littoral. Sans compter la population saisonnière qui consomme sa part d’eau potable. 

Pour la quantité et la qualité de l’eau, la façade maritime « est dépendante de l’ensemble du bassin Adour-Garonne », souligne Bruno Leménager, le directeur de la délégation Atlantique/Dordogne de l’Agence. «Avec des débits de rivière plus faibles qu’auparavant, les polluants se retrouveront concentrés à l’aval si on ne fait rien pour les retenir à la source. Ce n’est pas de la prospective. C’est maintenant ! » renchérit Jacqueline Rabic, la présidente du sous-bassin littoral. 

L’urbanisation, les barrages…

Dans son plan d’adaptation au changement climatique, l’Agence de l’eau estime qu’il faudrait investir 160 millions d’euros par an pour effacer l’écart criant entre les ressources en eau superficielle (hors nappes souterraines) et les besoins – eau potable, industrie, agriculture – à l’horizon 2050 : entre 1 et 1,2 milliard de mètres cubes par an à l’échelle du bassin Adour-Garonne. Soit l’équivalent de la consommation annuelle actuelle… 

L’Agence plaide pour une moindre imperméabilisation des sols. Elle estime incontournable le respect scrupuleux de la biodiversité et elle prône une autre politique pour les barrages. « On stocke 2,5 milliards de m³ dans le Massif central et dans les Pyrénées. À l’origine, pour produire de l’électricité. Mais ce temps passé n’est plus le nôtre», pose Martin Malvy. À suivre."...

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