Franceinfo du 3 avril 2019 

Vives inquiétudes dans le Gers où les urgences de Condom pourraient fermer

vives inquiétudesLes personnels des Urgences de Condom se mobilisent pour conserver leur service de nuit. / © France 3 Midi-Pyrénées 

Permanence des généralistes jusqu’à minuit et SMUR nocturne de Condom ont déjà été suspendus sur décision de l’ARS. Désormais ce sont les Urgences de nuit qui sont menacées dans le nord du département. Elus et médecins craignent pour la santé des Gersois. 

« Il vaut mieux faire un infarctus à Toulouse plutôt qu’à Condom ou Eauze, les chances de de s’en sortir ne sont pas les mêmes ». Jean-Philippe Larché, Chef de service de l'hôpital de Condom, est catégorique. La santé des habitants du nord du département du Gers seraient en danger suite à une succession de décision prises par l’ARS. 

Mieux vaut ne pas faire un malaise la nuit 

Il y a 18 mois, l’Agence régionale de santé à supprimé le service nocturne du SMUR de Condom, la structure mobile d'urgence et de réanimation. Depuis le 1 er avril, ce sont désormais les médecins généralistes qui ont dû modifier leurs horaires de permanence dans la cité gersoise. Autrefois mobilisés jusqu’à minuit, ils sont maintenant disponibles seulement jusqu’à 22 heures.

Mieux vaut donc ne pas faire de malaise ou avoir un accident la nuit dans le nord du Gers. D’autant plus que les Urgences de nuit de l’hôpital de Condom pourraient fermer elle aussi.

Un service qui reçoit plus de 8 700 patients chaque année et qui est le seul du département avec les urgences nocturnes d’Auch.

« On oublie qu’il y a des familles, des personnes âgées, on nous laisse mourir », se désole Alexandre Baudoin médecin généraliste et adjoint au maire à Condom. 

Plus de 45 minutes de route 


Le nord du département du Gers représente environ 45 000 habitants. Des habitants qui devront faire plus de 45 minutes de route pour trouver une assistance médicale la nuit, si les Urgences de Condom ferment prochainement. Pour les élus et les professionnels de santé il s’agirait d’une véritable mise en danger des Gersois.

« On ne peut pas abandonner le nord du Gers, pour moi ça serait clairement de la discrimination », conclut le Docteur Larché.

Face à la mobilisation du personnel hospitalier et des élus, l’ARS n’a toujours pas tranché sur l’avenir des Urgences de  nuit de Condom.