La fermeture de petites casernes entraîne malheureusement souvent le désengagement de sapeurs-pompiers volontaires.

La Montagne du 15 février 2019 

Ces petites casernes de pompiers du Puy-de-Dôme qui disparaissent

la montagneSébastien Mathillon, pompier volontaire, chef du centre de première intervention de Saint-Clément de Régnat, dont le centre va fermer pour être regroupé sur le centre de secours de Randan © J B Ledys 

En ce début d'année 2019, les casernes de Saint-Clément-de-Régnat, Saint-Sandoux, Peschadoires, Saint-Jean-d’Heurs, Luzillat, Saulzet-le-Froid, Sermentizon et Varennes-sur-Morge, dans le Puy-de-Dôme, ont ou vont fermer. 

Sébastien Mathillon est désenchanté. Ce n’est pas comme ça qu’il imaginait mettre un terme à son engagement de sapeur-pompier volontaire.

Voilà 14 ans qu’il a enfilé l’uniforme pour la première fois. Depuis deux ans, il est même à la tête de la caserne de Saint-Clément-de-Régnat (Puy-de-Dôme). Mais ce CPI - centre de première intervention, ainsi qu’il est désigné dans la typologie des établissements du Sdis (service départemental d’incendie et de secours) - ferme ses portes au 1er avril. « C’était dans les tuyaux depuis longtemps. Mais quand ça arrive, on se dit que c’est toujours trop tôt », souffle-t-il. 

Le Sdis 63 réfléchit à une nouvelle organisation (juin 2017)

La déception est trop grande 

Il y a quelques années, les volontaires de Bas-et-Lezat avaient déjà été regroupés sur la caserne de Saint-Clément-de-Régnat. Et aujourd’hui, tout ce petit monde est invité à se greffer sur le centre de secours de Randan. Mais Sébastien Mathillon pense ne pas continuer son engagement. La déception est trop grande.

Une situation que Jean-Claude Paput, maire de Bas-et-Lezat, regrette également : 

« La décision est prise par les décideurs. On peut toujours protester. Mais je ne pense pas qu’ils feront marche arrière » 

La caserne de Saint-Clément-de-Régnat n’est pas la seule à connaître ce sort. Saint-Sandoux a fermé au 1er janvier. Peschadoires fera de même au 1er mars. Luzillat, Saint-Jean-d'Heurs, Sermentizon et Varennes-sur-Morge, le 1er avril. 

Un impératif de sécurité 

Pour le Sdis, ces fermetures sont des impératifs imposés pour des raisons de sécurité. Il voit dans ces regroupements la solution pour pallier certaines difficultés d’effectifs. La réflexion porte désormais sur des bassins de secours. 

Par expérience, le SDIS sait que près de 75 % des pompiers volontaires rejoignent leur nouvelle affectation quand le CPI auquel ils sont rattachés vient à fermer. « Quand vous avez des CPI qui n’ont que peu de sapeurs-pompiers, qui ont une activité opérationnelle faible voire très faible, et qu’ils sont à côté d’un centre de secours, alors nous pouvons procéder à des regroupements », martèle Claude Boilon, vice-président du Sdis.

la montagne 2Sébastien Mathillon, pompier volontaire, chef du centre de première intervention de Saint-Clément de Régnat, dont le centre va fermer pour être regroupé sur le centre de secours de Randan 

Les centres de première intervention n’étant pas dotés d’ambulance, l’immense majorité de leurs interventions sont de toute façon couplées à celle des centres de secours. 

La caserne des pompiers de Sermentizon menacée de fermeture (Puy-de-Dôme) (décembre 2018)

En 2010, le Puy-de-Dôme comptait plus de 210 centre de secours. A la mi-2019, il n’en restera plus que 151. « Le mouvement de fermeture est régulier, mais il s’est amplifié ces dernières années. On a des centres de secours qui sont de plus en plus en difficulté. Et la plupart des centres de secours sont en difficulté », détaille Claude Boilon.