Ouest France du 26 février 2019 

Un ingénieur français invente un moyen révolutionnaire de lutter contre les feux de forêts

un ingénieurL'incendie de forêt sur la commune de Calenzana, en Haute-Corse, le 23 février 2019. | SDIS HAUTE CORSE / AFP 

Un ingénieur des Bouches-du-Rhône a imaginé un dispositif qui pourrait aider considérablement les pompiers luttant contre les incendies de forêt. S’il n’a pas encore été testé, son système très simple et peu coûteux pourrait séduire les pouvoirs publics. 

Il s’appelle Frédéric Bury et tient peut-être une solution miracle pour lutter contre les feux de forêt.Cet ingénieur installé dans les Bouches-du-Rhônea imaginé une solution novatrice pour aider les pompiers à combattre les incendies, rapporte La Provence : larguer de l’eau à partir d’avions plus gros et moins spécifiques que les Canadair, et le faire dans des cartons qui limitent les pertes et augmentent l’impact de l’eau sur les flammes. 

Le principal problème de la lutte contre les incendies, en France comme dans les autres pays, réside en effet dans le fait qu’une importante quantité d’eau est perdue lors des largages par Canadair, que ce soit en raison du vent, de la difficulté des pilotes à gérer la vitesse et la hauteur, ou encore de l’eau qui s’évapore au contact des flammes. De plus, les Canadair sont des avions très spécifiques, qui coûtent cher et dont la portée d’action est limitée. 

Avions-cargos et cartons d’eau 

Frédéric Bury veut s’inspirer de ce qui se fait aux États-Unis, où des avions-cargos sont transformés en bombardiers d’eau. « Ces gros porteurs, dont la porte arrière s’ouvre pour pouvoir larguer du matériel militaire, peuvent porter 15 à 20 tonnes d’eau. Ce sont des Hercules C130 - tous les pays en possèdent », explique Frédéric Bury, dont l’idée est d’utiliser ces appareils lors de grands feux. Capables de parcourir 6 000 km, ils sont moins coûteux à l’entretien que les Canadair. 

Concernant le largage, il propose d’utiliser une solution inventée par un Américain, qui a breveté un système de cartons pouvant contenir de l’eau et être largués depuis un avion, tout en étant entièrement biodégradables. Ils peuvent également être largués de nuit, ce que ne peuvent faire les Canadair.

Une solution pourrait être de charger un avion avec 16 cartons contenant chacun 1 000 litres d’eau et de les larguer sur les flammes. En s’ouvrant, ils pourraient avoir un effet bien plus grand que l’eau larguée en vrac depuis les soutes des appareils.

Effet de souffle 

Au cours de leur chute, les cartons accumuleraient de l’énergie, qui serait démultipliée au contact du sol, créant un « effet de souffle » qui disperserait l’eau sur une surface conséquente, créant également de la vapeur qui pourrait monter jusqu’à la cime des arbres. Ce système pourrait donc éteindre une large zone, plus importante que ce que peut aujourd’hui faire un Canadair, aidant considérablement les pompiers au sol. Le tout pour un coût restreint, puisqu’un carton de ce type ne coûte que 80 euros environ. 

S’il n’a jamais essayé ce système, Frédéric Bury se dit certain que cela peut marcher. « C’est une intime conviction », déclare-t-il à La Provence. Déposé il y a deux ans, son brevet a été publié au Journal officiel en juin dernier. Il espère désormais que les pouvoirs publics se pencheront sur sa proposition. 

Pour contacter Frédéric Bury : buryfrederic.allauch@yahoo.com.