Sud-Ouest du 8 février 2019 

Noyade à Paillet : « Je n’avais plus aucun espoir que ma fille revienne »

noyade à pailletLes enfants sont souvent aimantés par l’eau. ARCHIVES L. THEILLET 

Le père de Jeanne, tombée dans sa piscine à Paillet en octobre dernier, a cru au pire pour son enfant de 3 ans. Depuis l’accident, il a amélioré le système de sécurité 

Jeanne a bientôt 4 ans. Elle se porte à merveille malgré sa noyade survenue le 6 octobre dernier, à 10 heures du matin, dans sa nouvelle maison de Paillet. « Elle n’a gardé aucune séquelle de son accident », rassurent ses parents qui ont accepté de témoigner pour sensibiliser d’autres propriétaires de piscine. 

« Nous n’avons aucune leçon à donner. Un accident est si vite arrivé. La preuve avec nous. Heureusement, personne n’a essayé de nous culpabiliser. Cette histoire est déjà suffisamment lourde à porter », livrent-ils. Les parents et leurs quatre enfants venaient d’aménager dans le village quelques semaines plus tôt. La famille bordelaise rêvait d’une vie au calme : un grand jardin boisé, une vieille maison en pierre, une piscine magnifique de 18 mètres. 

De 3 à 7 minutes sous l’eau 

« Cette piscine, c’était notre grosse crainte, dès la première visite. Nous avons rapidement demandé des devis à des professionnels pour la sécuriser. Mais avec sa forme et sa taille, impossible de trouver un volet roulant ou une alarme grand public », explique le père qui a donc repris le système de sécurité des anciens propriétaires, avant de trouver mieux : une grille, fermée grâce à un cadenas, séparant la cour du jardin. 

« Les enfants n’avaient pas le droit d’aller seuls dans le jardin en notre absence. Et nous avions dessiné une ligne symbolique devant la piscine. S’ils la dépassaient, ils étaient privés de baignade. » Le 6 octobre, la mère est en déplacement professionnel. Le père joue avec ses enfants dans le jardin puis décide de rentrer dans la maison. « Tout le monde me suivait. J’étais persuadé que mes quatre enfants étaient avec moi. Je suis monté chercher des affaires. Quand je suis redescendu au salon, je n’ai vu que mes fils. J’ai appelé Jeanne. Personne ne savait où elle était… » 

La fillette est tombée dans la piscine. Depuis combien de temps ? « Entre 3 et 7 minutes », estime le père. Jeanne est remplie d’eau. Sa température corporelle est descendue à 26 degrés. Massage cardiaque et bouche-à-bouche jusqu’à l’arrivée des secours. « Franchement, je n’avais plus aucun espoir qu’elle revienne vu son état. » 

Des cours de natation 

Mais de la buée apparaît sur le masque à oxygène posé par le médecin du Smur. Jeanne respire encore. Elle sera hospitalisée une semaine au CHU de Bordeaux et reprendra le chemin de l’école dans la foulée. « C’est extraordinaire. Les médecins étaient pourtant pessimistes », complète la mère. Depuis, les parents ont installé une barrière autour de la piscine avec une porte équipée d’une poignée spéciale. Ils prévoient de compléter le dispositif avec une alarme adaptée. Et des cours de natation particuliers.