Franceinfo du 18 janvier 2019 

VIDEO. Samu : Agnès Buzyn annonce un diplôme d'assistant de régulation médicale et des procédures harmonisées, un an après l'affaire Naomi Musenga 

La ministre de la Santé a précisé, vendredi, que cette formation d'un an serait mise en place à partir du 1er septembre. 

Un an après la mort de Naomi Musenga, une jeune femme que le Samu du Bas-Rhin avait refusé de prendre immédiatement en charge, la ministre de la Santé a assuré, vendredi 18 janvier, sur franceinfo avoir "mis en œuvre la totalité des actions qui avaient été programmées". 

"Nous allons créer un diplôme pour les assistants de régulation médicale qui sera opérationnel le 1er septembre 2019, a annoncé Agnès Buzyn. Ce sera une formation d'un an avec plus de 1 400 heures de cours à la fois théoriques et pratiques."  Par ailleurs, pour éviter au maximum les mauvaises prises en charge, Agnès Buzyn a "demandé à tous les Samu de France d'harmoniser leurs procédures pour les traitements des appels""Nous allons aboutir à un système qui sera le même dans tous les Samu de France", a assuré la ministre. 

"Nous travaillons sur un numéro d'appel simplifié" pour les urgences médicales, a poursuivi Agnès Buzyn. La ministre a expliqué que l'affaire de Naomi Musenga a montré que lorsqu'il y a un passage d'appel entre deux écoutants, il peut y avoir une modification de l'information "Il est impératif, si nous allons vers un numéro unique, qu'il n'y ait aucun risque de perte d'information ou de distorsion d'information dans les passages d'appel entre la police, les pompiers, le Samu". Cette harmonisation sera opérationnelle "dès 2019".

Franceinfo du 18 janvier 2019 

Affaire Naomi Musenga : dès septembre une formation pour les assistants de régulation médicale 

La ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé la mise en place d’une formation pour les assistants de régulation médicale, un an après la mort de Naomi Musenga que le Samu avait refusé de prendre immédiatement en charge.

affaire naomi dès septembreCette formation d'un an comptera plus de 1400 heures de cours théoriques et pratiques 

Les assistants de régulation médicale sont les premiers à analyser les appels transmis au 12 et au 115. Aujourd’hui, pour exercer ce métier, seul un baccalauréat ou équivalent est requis. Un an après le décès de leur fille, les parents de Naomi Musenga appellent dans le Parisien à une réorganisation des secours par une loi portant son nom. La ministre de la santé a annoncé la mise en place d’une formation spécifique : "Nous allons créer un diplôme pour les assistants de régulation médicale qui sera opérationnel le 1er septembre 2019", a-t-elle précisé sur Franceinfo. Ce diplôme sera délivré à l'issue d'une "formation d'un an avec plus de 1.400 heures de cours à la fois théoriques et pratiques", a-t-elle ajouté.  

Le décès de Naomi Musenga 

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga, 22 ans, décède des conséquences d'une "intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours" selon les éléments médicaux de l’enquête. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait pointé un retard de "près de 2H20" dans sa prise en charge, après un premier appel qui n'avait pas été pris au sérieux par une opératrice du Samu du Bas-Rhin. 

Harmoniser leurs procédures pour le traitement des appels” 

La ministre a aussi "demandé à tous les Samus de France d'harmoniser leurs procédures pour le traitement des appels". Elle a confirmé "travailler" sur "un numéro d'appel simplifié", alors que plusieurs numéros d'urgence coexistent - 112 (européen), 15 (Samu), 17 (police), 18 (pompiers), 114 (sourds et malentendants)... Mais elle n'a pas tranché la question d'un "numéro unique". 

"L'affaire de Naomi Musenga montre aussi que lorsqu'il y a un passage d'appel entre un premier écoutant et un deuxième écoutant il peut y avoir une modification de l'information", a relevé la ministre. Pour preuve, a-t-elle observé, "je crois que le régulateur des pompiers avait transmis l'appel au régulateur du Samu en disant ”Mme Musenga a la grippe” ça avait pu tordre la perception de la gravité" de la situation. Il est donc "impératif", si le choix d'un numéro unique est fait, "qu'il n'y ait aucun risque de perte ou de distorsion d'information dans les passages d'appel entre la police, les pompiers, le Samu, et tout cela nécessite énormément de travail d'harmonisation", a-t-elle souligné.