Sud-Ouest du 25 janvier 2019 

Bordeaux boit (et paie) l’eau d’à côté 

MÉDOC Estimé à 60 millions d’euros, le « Champ captant des Landes du Médoc » sera financé pour moitié par l’agence de l’eau Adour-Garonne

2019 01 25 SO Bordeaux boit et paie l'eau d'à côté

C’est un pas de plus vers la concrétisation d’un projet qui aura fait l’objet de farouches oppositions. Hier, Bordeaux Métropole et l’agence de l’eau Adour-Garonne ont signé le contrat de financement du projet de « Champ captant des Landes du Médoc ». Via ce contrat, qui valide la mise en place d’un comité de suivi des futurs travaux, l’établissement public s’engage à financer pour 30 millions d’euros – soit 50 % du coût global du programme, estimé à 60 millions d’euros hors taxes (le Département, pour 10 millions d’euros, et Bordeaux Métropole finançant le reste) – la construction des 14 forages qui prendront l’eau dans la nappe oligocène des communes de Saumos et Le Temple, les 20 km de longueur de canalisation et les autres installations qui permettront la production annuelle de 10 millions de m³ d’eau et, à horizon 2024, l’alimentation en eau potable de l’agglomération bordelaise et des territoires de neuf services limitrophes. 

La concertation pour 2019 

Ce « projet considérable », dixit le président de la Métropole Alain Juppé, doit permettre une baisse du pompage de la nappe éocène, le principal et surexploité réservoir en eau potable du département. De 50 millions de m³ d’eau prélevés chaque année à l’heure actuelle, on passera à 38 millions en 2024. «C’est un projet exceptionnel dans son ampleur», affirme Guillaume Choisy, directeur général de l’agence de l’eau. Contesté par les Médocains, notamment les sylviculteurs, qui craignent des impacts défavorables du champ captant sur la ressource en eau potable et le risque incendie, le projet va rapidement entrer dans sa phase opérationnelle avec les premiers tests de carottage de la nappe oligocène. Bordeaux Métropole se lancera ensuite dans la phase de concertation. Celle-ci mènera à une enquête publique puis à une déclaration d’utilité publique, si le préfet de la Gironde en juge ainsi.