Sud-Ouest du 31 décembre 2018 

La clinique répond aux besoins des Médocains 

SANTÉ Yann Pilatre, le directeur de l’établissement lesparrain, revient sur une année 2018 chargée, entre adaptation aux nouvelles réformes et suivi des projets en cours

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«On a réussi à maintenir un équilibre financier cette année.» Yann Pilatre, le directeur général de la clinique Mutualiste de Lesparre-Médoc, dresse un bilan plutôt positif de 2018. Mais des inquiétudes persistent. Ce centre de santé est le seul sur le territoire médocain. Environ 350 salariés y sont employés. Après plusieurs années économiquement difficiles, le cap a été redressé. Pour cela, la clinique travaille avec celle de Pessac en mettant en commun leurs médecins. 

L’année passée a été légèrement déficitaire, notamment du fait de la baisse des subventions par les pouvoirs publics. Le coup dur a été la suppression, progressive, des médecins internes dans l’établissement. Et surtout la réforme des ambulances. «Les transports de malades sont à présent pris en charge par l’établissement, explique Yann Pilatre. Ce qui est extrêmement problématique car nous devons transporter beaucoup de malades à Bordeaux. L’Assurance-maladie prend en charge 120 euros par déplacement, mais il faut compter en moyenne 200 euros, voire parfois 400. On est perdant dans l’affaire, la moitié des frais sont à notre charge. » 

Une clinique surchargée en été 

La clinique a connu un été tendu. Le centre était constamment surchargé. «On a eu des jours à 100 patients», éclaire le directeur de l’établissement. « Sans interne, c’était très difficile pour un établissement de proximité. On s’est retrouvé à gérer les flux d’un petit CHU. Forcément, il y avait des délais d’attente très longs. » 

La clinique, qui compte 45 lits, a rencontré une pénurie de places lors de cette période agitée. De plus, Yann Pilatre a rencontré de grosses difficultés pour recruter des infirmières en renfort, souvent en contrat intérimaire. 

Malgré tout, plusieurs projets ont été mis en place dans l’établissement de santé. Une nouvelle salle d’accouchement naturel a été ouverte. Il y a eu 300 naissances en 2018 à la clinique. Mais le plus gros chantier du centre – qui devrait voir le jour en mars, en partenariat avec le CHU de Bordeaux – concerne une nouvelle unité de dialyse médicalisée de 1 000 m², pour soigner les patients souffrant d’insuffisance rénale. 

« Aujourd’hui, les malades doivent être transportés trois fois par semaine à Bordeaux, détaille le directeur. Ce sont des patients fragiles et ces allers-retours les fatiguent. Une cinquantaine de personnes sont concernées sur le territoire. On a besoin de cette unité. » 

Combler le vide médical 

De plus, l’unité de soins palliatifs, qui accueille des patients en fin de vie, va être agrandie en 2019. «Un nouveau centre dentaire mutualiste va aussi être mis en place », ajoute le directeur de la clinique. «On a lancé plein de nouveaux projets, on attend avec inquiétude la possible nouvelle d’une baisse des tarifs en 2019. Ce serait un coup dur. Malgré tout, on s’efforce d’aller de l’avant pour répondre aux nombreux besoins de santé des Médocains. »

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