Sud-Ouest du 27 décembre 2018 

Face à la désertification médicale, Angoulême a trouvé une parade

face à la désertification médicaleLe docteur Gilles Teyssedou, médecin salarié dans son cabinet « municipal » ici, avec l’adjoint
au maire d’Angoulême, Isabelle Lagrande. PHOTO LOÏC DEQUIER/«

"Les « déserts médicaux » posent des problèmes, dans les campagnes, mais aussi dans les villes. À Angoulême, la mairie a trouvé une parade, hors cadre.

Centre médical de la Grande-Garenne à Angoulême. Quelques arbres dont les feuilles rousses résistent encore, pour pas longtemps. Des immeubles datés. Et ce petit îlot en préfabriqué, où officie un seul médecin, aux heures ouvrables : le docteur Gilles Teyssedou."...

..."Et c’est là où il avait atterri comme médecin du travail, qu’Isabelle Lagrange, adjointe au maire d’Angoulême, est venue le « repêcher ». « Nous n’avions plus de médecin pour tout ce quartier Basseau et Grande-Garenne, commente l’élue. Un quartier prioritaire de 5 000 personnes. Le maire Xavier Bonnefont, dès le début de son mandat, avait mis en place une délégation offre de soins, conscient qu’en ville aussi, la désertification médicale était en route. Conscient que l’équipe municipale devait se retrousser les manches. »

face à la désertification médicale 2

Le médecin devient salarié 

Isabelle Lagrange est de la partie. Elle dirige un laboratoire d’analyses médicales à Angoulême, connaît le secteur sanitaire par cœur. Et sait, qu’il n’y a pas d’autre issue pour installer à nouveau un médecin pérenne dans le quartier Grande-Garenne que de le salarier. Elle prend rendez-vous avec le directeur de l’hôpital d’Angoulême, Hervé Léon, puis le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS). « Je voulais fournir un contrat de salarié à un médecin, un contrat émanant de l’hôpital, sans puiser sur son effectif médical, en peine là aussi. J’ai demandé à l’ARS une autorisation pour monter ce dossier, et un soutien financier.

« Consciente que cela n’existait nulle part, c’était hors cadre. » 

Face à l’urgence de la situation, tout le monde a dit OK. Une convention a été signée entre l’ARS, l’hôpital, la mairie et l’Ordre des médecins."...

2018_12_27_SO_Face_à_la_désertification_médicale_Angoulême_a_trouvé_une_parade