Sud-Ouest du 27 décembre 2018 

Supprimer les frelons pour sauver les abeilles

supprimer les frelonsStéphanie Pigout propose de former des spécialistes de la destruction des nids de frelons asiatiques. PHOTO A. L. 

Stéphanie Pigout, apicultrice, tire la sonnette d’alarme. Pour elle il faut éradiquer le frelon asiatique.

Si l’on ajoute de l’énergie et de la ténacité à une idée qui peut faire avancer une juste cause, on obtient les ingrédients de base qui ont conduit depuis plusieurs semaines Stéphanie Pigout à prendre son bâton de pèlerin pour démarcher les 19 municipalités composant la Communauté de communes (Cdc) Médoc Cœur de Presqu’île. Avec un certain succès, puisqu’elle vient d’apprendre que l’objet de ses démarches serait évoqué lors d’une réunion du bureau des maires de la Cdc dans le courant du mois de janvier. Son combat ? Défendre les abeilles locales, menacées de disparition par l’invasion progressive, mais constante, du frelon asiatique, apparu vers 2006 dans le Médoc. 

Elle est elle-même apicultrice « de loisir » à travers quelques ruches dont elle est propriétaire à Saint-Laurent et Vertheuil, et déclare avoir « toujours été intéressée par le travail des abeilles », au point d’être aujourd’hui membre du bureau du Syndicat des apiculteurs de Gironde et d’Aquitaine (SAGA). « Ces frelons asiatiques sont un problème pour tous les apiculteurs, explique-t-elle. Ils restent en vol stationnaire devant les ruches et, du coup, ça stresse les abeilles qui ne sortent plus, qui ne butinent plus, ne rentrent plus de pollen, ne font plus de miel et passent l’hiver dans la famine. Les frelons attaquent les abeilles dès qu’elles sortent, et peuvent également rentrer dans les ruches que nous devons protéger avec des grilles. » 

Destruction à grande échelle 

Car le frelon asiatique est vorace, et l’abeille constitue son repas de prédilection. Or, la disparition de l’abeille et de son travail de pollinisation porterait un coup vraisemblablement fatal à la biodiversité. Pour Stéphanie Pigout, il faut donc agir avant qu’il soit trop tard. Ce qui explique qu’elle ait présenté dans toutes les mairies un dossier complet sur le frelon asiatique et les risques entraînés par sa prolifération. « Ce n’est pas un gros dossier, pour ne pas assommer les gens, précise-t-elle. Je souhaite provoquer une prise de conscience suivie d’une réaction chez les élus, et que les communes sensibilisent leurs administrés à ce problème. » 

Elle met en avant plusieurs solutions, dont certaines pourraient être mises en place rapidement. « Un des moyens serait de former dans les communes des bénévoles qui pourraient procéder à la destruction des nids de frelons avec l’aide d’organismes qualifiés comme le Groupement sanitaire des abeilles de la Gironde (GDSA). Ces formations de personnels qualifiés seraient un moyen de diminuer les coûts et même de les mutualiser entre les communes. » 

Pour l’instant, son discours a sensibilisé ses confrères apiculteurs qui se sont associés à sa démarche. Il ne reste plus qu’à convaincre les élus et les collectivités locales qui ne le seraient pas encore. Les premières réponses doivent arriver dans le cours du mois de janvier prochain.