Sud-Ouest du 19 décembre 2018 

Département : un vote à 1,78 milliard 

CONSEIL DÉPARTEMENTAL La majorité a entériné un budget sans augmentation d’impôt, mais trop dépensier selon l’opposition

département vote

C’est fait. Sans surprise, la majorité (socialiste et EELV) a voté pour le budget 2019 du Conseil départemental de Gironde qui s’élève à 1,78 milliard d’euros. Et pour la première fois, les seules dépenses sociales, en hausse chaque année, se rapprochent du milliard d’euros. Un record ! 

En dépit d’un désengagement de l’État évalué à 142 millions d’euros, l’exécutif départemental se décerne un brevet de bonne gestion en s’appuyant sur les chiffres suivants : pas d’augmentation d’impôt pour la troisième année consécutive, une dette maintenue à des niveaux tout à fait acceptables (comme le confirme l’agence de notation S & P) et le maintien de l’objectif d’un milliard d’euros d’investissement durant la mandature. 

Comme le rappelle le vice-président aux Finances, Jean-Marie Darmian, les banques se pressent pour prêter au Département, en particulier les allemandes, rappelant aussi au passage que la population augmente ce qui nécessite «plus de services, de collèges, d’interventions des pompiers, etc.». Et explique aussi en partie la hausse de 3% des dépenses en ressources humaines. 

Mais l’opposition ne lit pas ces chiffres avec les mêmes lunettes et a voté contre dans son ensemble (y compris Grégoire de Fournas du RN et Sonia Colemyn de Debout la France). Pour le groupe Gironde Avenir (droite et centre), Jacques Breillat déplore la hausse des dépenses de fonctionnement, notamment celle des charges de personnel. «L’évolution que vous annoncez s’élève à +2,3% de dépenses de fonctionnement, soit une évolution bien supérieure à celle qui est permise par la loi de programmation des finances publiques (LPFP), qui est de 1,2 %. Cette évolution dont vous faites le choix conduirait à une pénalité que vous avez déjà anticipée à hauteur de 31 millions d’euros », précise Jacques Breillat, avant d’ajouter que l’on ne voit pas dans ce budget « la nécessaire maîtrise des dépenses de fonctionnement»