Sud-Ouest du 18 décembre 2018 

Gleyze : «l’État nous doit 142 millions d’euros» 

CONSEIL DÉPARTEMENTAL A la veille d’examiner le budget du Département, son président a dénoncé un manque à gagner

l'état nous doit 142

Que pourrait faire le Département de la Gironde avec 142 millions d’euros ? Hier, en présentant à la presse les grandes lignes du budget départemental que les élus vont examiner aujourd’hui, le président socialiste de Gironde Jean-Luc Gleyze a rappelé que l’État doit à la collectivité 142 millions de charges non payées. 

Et pour bien montrer que ce n’est pas rien, même pour une collectivité dont le budget est d’1,78 milliard d’euros, il s’est amusé à détailler tout ce que sa majorité pourrait faire avec cet argent : baisser de 10 points la fiscalité (30 millions), construire deux nouveaux collèges en plus des douze déjà prévus (50 millions), réduire le coût de la dette (40 millions), rénover 200 km de routes en plus des 400 km déjà prévus (7 millions), etc... 

Autant dire que l’État n’a pas été épargné par Jean-Luc Gleyze qui ne cesse de pointer du doigt des dépenses non remboursées, par exemple sur l’allocation personnalisée autonomie (45 millions), les personnes en situation de handicap (44 millions) ou l’augmentation du Revenu de solidarité active (5 millions). Une façon d’indiquer en creux que le budget qu’il présente aujourd’hui «poursuit son action de redistribution des richesses » alors que l’État ne remplit pas ses obligations. Et de rappeler au passage la bonne note de l’agence de notation S & P sur sa gestion, la poursuite des investissements, l’endettement maîtrisé et la stabilité des impôts. 

L’absentéisme sanctionné 

C’est un débat inattendu qui a été provoqué hier dans l’hémicycle par une modification de l’article 30 du règlement intérieur du Conseil départemental de la Gironde, soumis au vote des conseillers. Il s’agit de la modulation de l’indemnité des élus départementaux en fonction de leur assiduité. Il demande aux conseillers départementaux d’assister aux réunions du Conseil, de la commission permanente et des commissions thématiques qui préparent les sessions plénières. Évolution qui est destinée à enrayer un certain absentéisme, en particulier dans les commissions permanentes ou thématiques. Il faut savoir que les indemnités maximales des conseillers départementaux, comme celle des conseillers régionaux et municipaux, sont calculées selon le nombre d’habitants du territoire sur lequel ils sont élus, et sont soumises au vote de la collectivité territoriale qui peut les minorer. Elles varient donc d’un département à l’autre. En Gironde, elles sont les plus élevées de la grande région. Le président du Conseil départemental touche 5512,13€ brut par mois, les vice-présidents 3 725,44€ brut par mois, et pour les simples conseillers 2661,03€ brut par mois et 2927,13€ brut par mois s’il est membre de la commission permanente. Le nouveau règlement impose aux conseillers absents d’attester sur l’honneur des raisons de son absence, et les motifs acceptés sont très variés. Cela va de l’obligation professionnelle à des raisons médicales en passant par «l’urgence impérieuse ». Pour les élus qui n’apportent aucun justificatif, 25% de leur indemnité sera prélevé au bout de trois à quatre absences et 50% à partir de cinq absences. Insuffisant pour le conseiller départemental RN Grégoire de Fournas qui a proposé «trois amendements pour durcir ces modalités laxistes». Des amendements refusés par l’assemblée et jugés «démagogiques» par le vice-président aux Finances Jean-Marie Darmian. Ce dernier rappelle que «de nombreuses réunions et commissions se déroulent en même temps» et que le courant anti-élus est «désastreux». «Notre indemnité n’est pas usurpée et représente seulement 0,14% du budget du Département tous frais cumulés», conclut-il.