Sud-Ouest du 11 décembre 2018 

Lesparre : «Une situation opérationnelle tendue»

une situation opérationnelleL’année 2018 n’est pas encore terminée et le Centre d’incendie et de secours de Lesparre comptabilise 1 430 opérations, dont 70 % de secours à la personne. ILLUSTRATION QUENTIN TOP 

La Sainte-Barbe, vendredi dernier, était l’occasion pour les pompiers de faire le point. Leur souhait : une année avec plus de ressources et sans agression. 

La satisfaction des sapeurs-pompiers est rarement totale. Pour eux, la conscience du devoir accompli est en effet indissociable du fait qu’il trouve naissance dans une détresse humaine, physique ou matérielle. La permanence de ce facteur humain sous-tendait d’ailleurs l’ensemble des chiffres énoncés par le capitaine Sébastien Vignessoule, commandant du Centre d’incendie et de secours de Lesparre, au moment de dresser le bilan de l’année écoulée lors des cérémonies de la Sainte-Barbe qui se tenaient vendredi dernier à Lesparre. 

1 - En 2018, 1 430 opérations 

C’est ainsi qu’il rappelait que sur les 1 430 opérations d’une année 2018 qui n’était pas encore terminée, dont 70 % de secours à la personne, certaines avaient été plus marquantes que d’autres, comme la désincarcération d’une victime d’accident bloquée à l’intérieur d’un véhicule immergé dans un étang de Queyrac le 5 octobre dernier. Un facteur humain, soulignait-il, qui concerne aussi le personnel lui-même et ses conditions de travail dont peut dépendre l’efficacité des interventions. 

2 - Rénovation de la caserne bientôt terminée 

Ces conditions vont d’ailleurs être grandement améliorées en 2019 pour les 36 professionnels et les 37 volontaires du centre de Lesparre avec la fin des travaux de rénovation de leur caserne, dont la gêne occasionnée par le chantier en cours avait conduit à simplifier la manifestation vendredi dernier. 

3 - Activité en hausse dans le Médoc et en Gironde

Pour le capitaine, l’année finissante était révélatrice d’une forte augmentation de l’activité des sapeurs-pompiers. Un point que confirmait le lieutenant-colonel Éric Lendres, commandant le groupement nord-ouest, précisant quant à lui que la situation était la même sur l’ensemble du Médoc et du département de la Gironde. 

Malgré un calme relatif sur le front des feux de forêts, à l’exception notable de celui de Listrac le 18 avril dernier, il déclarait notamment : « Nous sommes dans une situation opérationnelle de plus en plus tendue. » Or, sauf à imaginer qu’il y ait moins d’interventions, ce qui ne paraît pas être dans l’air du temps, il n’existe que deux moyens pour faire baisser cette tension : disposer à la fois de davantage de personnel et de plus de moyens financiers. 

4 - Développement du volontariat 

En ce qui concerne le personnel, le lieutenant-colonel évoquait le développement en cours du volontariat, notamment grâce à des conventions avec les employeurs. Il était moins optimiste sur le volet financier, relevant que « l’évolution financière du SDIS (Syndicat départemental d’incendie et de secours) ne tient pas compte de celle de la population ». Il ajoutait : « Nous appelons toutes les Communautés de communes à participer financièrement aux côtés du Département. Il faut que l’argent soit au rendez-vous, c’est la seule façon de maintenir un service de qualité. » 

5 - Recrudescence des agressions verbales 

Comme tous les intervenants après lui, aussi bien le maire de Lesparre, Bernard Guiraud, que les conseillers départementaux Sonia Colemyn (DLF) ou Grégoire de Fournas (RN), et au final le sous-préfet, Jean-Philippe Dargent, il stigmatisait particulièrement un « phénomène sociétal nouveau », celui des agressions verbales ou physiques  dont sont victimes les sapeurs-pompiers lors de leurs interventions. 

« Sur le centre de Lesparre, 57 d’entre eux ont été concernés en 2018 », disait-il en rappelant que l’une de ses agressions, qui s’était produite au mois de juillet à la clinique mutualiste, avait valu de la prison ferme à l’un de ses auteurs. « Je demande que les fauteurs de troubles soient punis », ajoutait-il avant de lancer à l’attention des pompiers rassemblés : « N’hésitez pas à porter plainte, les cadres du groupement vous accompagneront dans vos demandes ».