Sud-Ouest du 08 décembre 2018 

Hôpitaux bordelais : la première pierre de Bahia reportée

hôpitaux bordelaisUn des bâtiments du futur ensemble hospitalier Bahia. IMAGE SANAE ARCHITECTURE 

"Le coup d’envoi officiel du nouvel ensemble hospitalier Bahia (Robert Picqué et Bagatelle) a été reporté du fait de l’actualité sociale, raison de l’absence de la secrétaire d’État aux Armées 

Pas de pose de première pierre, ce vendredi soir, pour l’ensemble hospitalier qui naîtra de l’association de l’hôpital des armées Robert-Picqué (à Villenave-d’Ornon) et de la Fondation protestante Bagatelle (à Talence)."... 

..."Vendredi 7 décembre, en fin de matinée, alors que se déroulait une conférence de presse à Bagatelle relative à ce regroupement, le préfet a indiqué dans un message qu’il avait décidé, compte tenu de l’actualité sociale, de reporter la pose de cette première pierre."...

..."Les acteurs du regroupement rejettent le terme de « fusion » dans la mesure où « personne n’absorbe personne ». Ils ont décrit la nature du futur ensemble hospitalier qui ajoutera un partenaire supplémentaire au duo : la Fondation John-Bost qui s’implante à Talence. 

1 Trois hôpitaux seront réunis sur un seul site 

Les hôpitaux Bagatelle et Robert-Picqué ont pris dans leur union l’appellation Bahia, constituée du Ba de « Bagatelle » et du HIA d’« Hôpital d’instruction des armées ». 

Le nouveau partenaire John-Bost traite notamment des polyhandicaps et des pathologies de santé mentale, avec 1 600 places dans 34 établissements en France. En construisant un bâtiment de 100 lits à Talence, sur le site de Bagatelle (dans le cadre de Bahia), John-Bost, dont le siège historique est en Dordogne, se rapproche de ses patients bordelais et de ses partenaires que sont les hôpitaux de Cadillac et Charles-Perrens. Ces informations ont été apportées hier par le président de John-Bost, Christian Feuillette. 

2 Les services renforcés, l’héliport disparaît 

Tous les partenaires du projet l’ont affirmé : les services de Bagatelle et de Robert-Picqué vont être confortés, modernisés et agrandis dans cette union.  Les urgences (domaine de l’actuel hôpital militaire) vont passer d’une capacité de 28 000 à 40 000 admissions par an. Il en ira de même des différents services de médecine et de chirurgie, et de maternité (aujourd’hui sur le site de Bagatelle), a assuré France Bereterbide au nom de l’Agence régionale de santé (ARS). 

L’activité en direction des militaires sera maintenue dans Bahia à hauteur de 20 %, ainsi que la prise en charge des risques nucléaires, chimiques et bactériologiques, a certifié le général Geneviève Fidelle, responsable du service de santé des armées. 

Seul l’héliport (aujourd’hui à Robert-Picqué) va disparaître : son utilité était réduite à une dizaine de rotations par an. Elle est reportée sur l’héliport du CHU Pellegrin. 

3 Que restera-t-il de l’ancien Bagatelle ? "...

..."Les places de stationnement seront au nombre de 700 sur Bahia (contre aujourd’hui 400 à Bagatelle et un nombre quasi illimité à Robert-Picqué)."...  

4 Plus de 90 millions d’investissements 

La Banque européenne d’investissement, représentée hier par Tanguy Desrousseaux, apporte 35 millions d’euros selon des conditions très intéressantes fixées par l’Europe en faveur de la santé publique. 

Le reste est financé en fonds propres par Bagatelle, par la Caisse des dépôts et consignations et par un emprunt. Pour la Fondation John-Bost, le montant de l’investissement s’élève à 30 millions d’euros. 

Les opposants à l’union mobilisés 

Si la secrétaire d’État aux Armées, Geneviève Darrieussecq, a prudemment annulé sa présence hier soir à Bagatelle, les opposants au regroupement des deux hôpitaux, membres du comité « La santé un droit pour tous », étaient, eux, bien au rendez-vous. Une centaine, selon leur leader Bernard Coadou, qui s’est dit « ravi que la secrétaire d’État a reculé ».

« Ceux qui portent la réunification des deux établissements assurent que la nouvelle entité sera plus performante : c’est faux, s’élève Bernard Coadou. L’hôpital public des armées faisait la satisfaction de tout le monde, avec 80 % de patients civils. Son activité va être cédée à une maison de santé privée et confessionnelle, qui prétend faire mieux dans l’avenir, sur un site réduit et sans héliport.

Un héliport qui s’est pourtant avéré utile cet été pour le transport de personnes victimes de noyades ! » 

Bernard Coadou s’interroge sur l’avenir des urgences de Robert-Picqué, un bâtiment récent construit en 2001 et qui vient de bénéficier d’améliorations. 

Une autre manifestation est prévue samedi 15 décembre par l’élu municipal de gauche villenavais Patrick Bouillot qui consistera aux « obsèques de Robert-Picqué ».

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