La Nouvelle République du 26 novembre 2018 

Une arme efficace contre les frelons asiatiques

nouvelle républiqueLe tireur, en présence de François Tapiéro (à gauche) et de ses collègues également formés au maniement de ce pistolet. Photo NR 

Indre. Les sapeurs-pompiers viennent de se doter d’un pistolet insecticide longue portée contre les guêpes et frelons asiatiques. Explications. 

Combinaison bleue, protection têtière et pistolet en mains, l’homme n’est pas passé inaperçu, la semaine dernière, dans le parc de Belle-Isle. Mais aucune panique, ce tireur était « estampillé » sapeur-pompier et visait un nid situé au sommet d’un arbre. Un nid, mais pas n’importe lequel, puisqu’il abritait une colonie de frelons asiatiques (1). Le tireur portait l’arme à son épaule, puis déclenchait une série de tirs. Quelques secondes plus tard, une dizaine de frelons virevoltaient autour du nid… puis plus rien. « Ces billes contiennent un gel qui paralyse l’insecte », détaille l’adjudant-chef Fabrice Antoine, du service formation du Sdis 36. Une paralysie qui conduit à la destruction totale de ce nuisible invasif.

Les pompiers interviennent uniquement en cas d’urgence 

« L’un des avantages de cet outil, poursuit l’adjudant-chef, est qu’il évite l’emploi d’une grande échelle qui implique plusieurs opérateurs. » Ce pistolet insecticide longue portée (Pilp) permet effectivement de détruire, à une distance de 30 à 40 mètres, ces colonies de frelons. Un avantage rassurant, puisque « cet insecte volant peut devenir très dangereux à cinq mètres ». Une dangerosité avérée, puisque selon François Tapiero, directeur de la société Dipter qui commercialise cet outil, « une quinzaine de décès ont été enregistrés en France, en 2017, suite à des piqûres de frelons ». Un chiffre en continuelle hausse.

De son côté, le colonel David Sarrazin rappelle que « les sapeurs-pompiers sont amenés à intervenir face aux guêpes et frelons, uniquement en cas d’urgence, comme dans une école, à l’intérieur d’une maison occupée par une personne allergique ou âgée et, bien évidemment, sur l’ensemble du domaine public. » Dans tous les autres cas, « il faut faire appel à des entreprises privées, car notre volonté est de faire baisser le nombre de ces interventions forcément chronophages et qui mobilisent beaucoup de personnels ».

La lutte publique ou privée contre les guêpes et frelons s’intensifie donc, pour que la courbe des victimes soit au plus vite inversée.

(1) Un nid peut contenir jusqu’à 50.000 frelons.