Sud-Ouest du 20 novembre 2018 

Colère des infirmières, oubliées du plan santé 

SANTÉ Les infirmières se mobilisent aujourd’hui pour défendre leur métier face aux déserts médicaux

infirmières désert médicaux

"Véronique Hantzberg est infirmière libérale en Charentes, elle préside l’Union régionale des syndicats de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) Poitou-Charentes, et travaille en milieu rural. Aujourd’hui, elle laisse tomber ses patients, pour défendre son métier et participe à la mobilisation nationale des infirmiers, « grands oubliés» du dernier plan santé, qu’elle juge «trop médico-centré». «Nous avons été zappés des concertations lors de l’élaboration du plan, tempête-t-elle. Pourtant, nous sommes 660 000 en France. Et tout à fait outillées pour répondre aux nouveaux enjeux, face aux déserts médicaux. » 

Elle parle de « blocage financier et administratif ». Ne comprend pas ce «mépris affiché». «Le projet Ma Santé 2022, envisage la création d’une formation d’infirmière et pratique avancée, pour 2% de la profession. Soit 1 300 personnes. Ce n’est pas assez. »"...

..."Quid du virage ambulatoire ? 

Le plan santé promet le virage ambulatoire, qui consiste à opérer à l’hôpital et permettre au patient de réintégrer la maison le plus tôt possible, avec un accompagnement à domicile. « Encore une incohérence, ironise l’infirmière. On ne peut pas suivre à domicile, comme il faudrait. Pourquoi ? Les nouveaux actes que l’on est censé accomplir ne sont toujours pas inscrits à la nomenclature, on n’est pas autorisés. Qui les fait ? Les médecins ? Trop peu nombreux. Donc, sans nous, le virage ambulatoire n’est pas possible. » 

Aujourd’hui, dans la zone géographique qu’elle couvre, Véronique observe qu’elle reste – avec ses collègues, « le seul soignant qui entre chez les familles."...

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