Sud-Ouest du 5 novembre 2018 

L’hôpital et la ville réunis 

ENTRETIEN Le directeur général du CHU de Bordeaux, qui comprend les hôpitaux Pellegrin, Haut-Lévêque, Xavier Arnozan et Saint-André, commente le plan santé 2022 et les changements à venir

hôpital et ville réunis

"Le président de la République Emmanuel Macron a détaillé mardi18 septembre, son plan santé, ainsi qualifié: «Ma santé 2022 : un engagement collectif. » C’était à l’Élysée, et Philippe Vigouroux, directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, était au premier rang, invité parmi les acteurs de la santé qui comptent en France. La réforme santé ne concerne pas le seul hôpital public, mais elle risque d’en faire sérieusement évoluer le fonctionnement. Si la plupart des CHU en France sont presque tous déficitaires, celui de Bordeaux, au contraire, vient de connaître deux exercices successifs de résultats excédentaires. 

« Sud Ouest » Quels ont été les leviers du CHU de Bordeaux pour sortir de plusieurs années de déficit financier ? 

Philippe Vigouroux L’attractivité du CHU – nous rayonnons très largement, au-delà de la Nouvelle-Aquitaine –, la dynamique des équipes médicales, et des recettes exceptionnelles d’activité. En revanche, les dotations versées au CHU sont restées stables, voire en baisse, malgré le développement des missions de recours, de recherche et d’innovation pour répondre aux besoins de la population, d’une part, et pour assurer son rôle de CHU, d’autre part. Nos dotations ont diminué de près de 4 millions d’euros entre 2015 et 2016, et sont restées à ce niveau en 2017. Nos résultats excédentaires sont aussi conjoncturels : vente de terrains en 2016, changement de modalités de valorisation des séjours (la tarification de l’hôtellerie hospitalière, NDLR)… L’équilibre reste soumis à des aléas tels que l’absentéisme des professionnels de santé qui oblige à l’arrêt d’activités, et donc des baisses parfois substantielles de recettes."...

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