La Dépêche du 31 octobre 2018 

Urgences : le docteur Pelloux propose des solutions

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Patrick Pelloux a rencontré hier la direction du centre hospitalier et les médecins urgentistes. / Photo L'Indépendant, Nathalie Amen-Vals

Patrick Pelloux, l'urgentiste le plus médiatique de France, aura-t-il été, hier, l'électrochoc capable de redonner vie aux urgences du centre hospitalier de Carcassonne ? Après avoir rencontré ses collègues audois, le président de l'AMUF (Association des médecins urgentistes de France) a dressé un diagnostic guère encourageant. «J'ai trouvé des médecins qui ne sont pas bien, qui sont fatigués et qui souffrent d'un manque de reconnaissance de la part de leur direction». À cela s'ajoute, l'absence de chef de service, le dernier ayant préféré rendre sa blouse. «Il y a une vraie démotivation, constate Patrick Pelloux. Lorsqu'ils étaient trente médecins, on pouvait encore parler d'organisation», mais à 16 urgentistes aujourd'hui, le service fait ce qu'il peut. 

C'est dans cette singulière atmosphère que Patrick Pelloux a rencontré Alain Guinamant, le directeur du centre hospitalier. 

«Pour résoudre la problématique des urgences locales, nous avons évoqué deux pistes de travail : la première, explique Patrick Pelloux, vise à améliorer le lien entre les médecins de ville, les autres établissements de santé et développer la maison médicale de garde». Rien de neuf à dire vrai puisque ces solutions, maintes et maintes fois évoquées, n'ont jamais été suivies d'effets. La seconde piste est, toujours, Patrick Pelloux, de réfléchir à une meilleure organisation des lignes d'urgence entre Castelnaudary et Quillan. Là encore, il y a longtemps que le bilan a été dressé. 

Pour les urgences de Carcassonne, la seule solution dans l'immédiat passe par le recrutement de médecins ou l'arrivée d'internes. Plus facile à dire qu'à faire. Depuis que l'urgence est devenue une spécialité médicale à part entière, au même titre que toutes les autres disciplines, l'urgentiste est devenu rare. «On a créé une spécialité, déplore Patrick Pelloux, et l'on a créé notre propre pénurie».

Sur toute la région Occitanie, on compte 21 internes urgentistes, alors qu'il en faudrait 210 dans tous les hôpitaux de la région. Le déficit est de 99 %.

De fait, le recours à l'intérim est devenu monnaie courante. «En usant ce procédé, regrette Patrick Pelloux, on perd l'esprit d'équipe, l'esprit de groupe». 

«Toutes les contributions sont bonnes à prendre dans ce genre de situation», a souligné Alain Guinamant, le directeur du centre hospitalier. «Il faut effectivement aller vers un décloisonnement des activités. Nous attendons dans quelques jours le rapport de la mission diligentée par l'Agence régionale de santé qui nous apportera certainement des pistes de réflexion». 

Patrick Pelloux, le président de l'AMUF (association des médecins urgentistes de France) a rencontré les urgentistes et la direction du centre hospitalier. 

Repères

Le chiffre : 21 

Internes > En spécialité d'urgentiste. C'est le nombre actuel de médecins en formation en Occitanie, alors que les hôpitaux de la région en ont besoin de 210.