Sud-Ouest du 11 octobre 2018 

Centre hospitalier du Sud-Gironde : le bras de fer se poursuit

centre hospitalier du sud-gironde

Le site de Langon a perdu deux services au début de l’été, l’hôpital de semaine qui a fermé et le court séjour gériatrie transféré à La Réole. ARCHIVES J. J. 

Les élues parlementaires ont obtenu la réouverture du service hôpital de semaine à Langon. Mais tout n’est pas réglé.

Un peu d’air pour le centre hospitalier du Sud Gironde. Dans un communiqué commun, la députée de la 9e circonscription Sophie Mette (Modem) et les sénatrices de Gironde Laurence Harribey (PS) et Florence Lassarade (LR) annoncent avoir reçu « l’assurance de la réouverture prochaine de l’hôpital de semaine sur le site de Langon ». Une concession obtenue directement auprès du directeur de l’Agence régionale de santé, Michel Laforcade, qu’elles ont rencontré la semaine dernière à Paris. 

Ouvert en 2016, le service hôpital de semaine permettait d’accueillir des patients dans des chambres particulières pour quelques jours afin de pratiquer dans de bonnes conditions une médecine rapide et moderne. Malgré la satisfaction des patients autant que du personnel médical, le service a été fermé au début de l’été. 

« Deux points épineux » 

Cette décision avait été prise par le Conseil de surveillance du centre hospitalier parmi d’autres mesures comme le transfert du nouveau service court séjour gériatrie du site de Langon vers celui de La Réole avec une perte de lits au passage. Autre mesure, la fermeture des urgences de La Réole remplacées par un service d’accueil médicalisé à partir du 1er novembre. 

Dans leur communiqué, les trois parlementaires indiquent ainsi que tout n’est pas réglé. « Les deux points épineux concernent d’une part le transfert du court séjour gériatrique à La Réole que la Commission médicale du 13 septembre conteste fermement. Et d’autre part, le maintient des urgences de La Réole qui évolueraient vers un service de consultations d’urgence. »

Les parlementaires écrivent encore qu’elles ont fait part au directeur de l’ARS « du malaise de la communauté médicale et du reste du personnel qui gardent le sentiment d’être écartés des décisions relatives à l’avenir du centre hospitalier ». Les trois élues pointent notamment « les maladresses de gouvernance de la direction actuelle et la mise en opposition systématique des deux sites de Langon et La Réole ». Elles rappellent aussi l’engagement du président de la République, Emmanuel Macron, il y a quelques jours, « de ne pas fermer de services hospitaliers pour des raisons économiques ». 

Les élus prêts à se mobiliser 

Au mois de septembre, le président du Département, Jean-Luc Gleyze, et la vice-présidente, Isabelle Dexpert, avaient alerté directement la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de lui faire part de leurs inquiétudes quant aux mesures prises pour restructurer l’hôpital. Ils avaient aussi prévenu « qu’une démarche plus collective est amorcée avec l’ensemble des élus du territoire ». Maire de Langon et ancien chirurgien vasculaire à l’hôpital, Philippe Plagnol est monté dès cet été au créneau pour s’opposer à la disparition des services du site de Langon. « Le rétablissement de l’hôpital de semaine est une bonne chose, nos arguments ont été entendus », approuve-t-il. Mais pas question pour autant de lâcher sur le transfert du court séjour gériatrique. « Nous allons demander des explications à l’ARS, il y a encore des étapes à franchir. Les médecins ont voté contre lors de la dernière commission », rappelle-t-il. 

« Si on ne veut pas nous entendre, prévient-il, il y aura sans doute des mouvements syndicaux, mais pas seulement. » Les élus pourraient se joindre aux cortèges