Malheureusement, on constate que le délai recommandé par la Société française de médecine d’urgence (SMFU) est loin d'être une réalité

Sud-Ouest du 6 octobre 2018 

Morte après deux heures d’attente : un rapport pointe "un manquement" du CHU de Reims

morte après 2 heures

Le CHU de Reims GOOGLE MAPS

En mars dernier, une septuagénaire avait perdu la vie aux urgences du CHU de Reims, après plus de deux heures d’attente. Le manque d’organisation du service est pointé du doigt dans un rapport.

"Mme M. n’a été prise en charge que deux heures après son arrivée aux urgences pour un arrêt cardio-respiratoire non récupéré. Elle n’a bénéficié d’aucun accueil infirmier, d’aucune prise de constantes et donc d’aucune évaluation de son état", peut-on lire dans le pré-rapport d’expertise daté du 2 octobre. Ce rapport a été demandé par le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne.

"Il existe un manquement dans la prise en charge (…). Ce défaut d’évaluation initial de l’état de santé de Mme M. a été préjudiciable et relève d’un problème d’organisation au sein du service des urgences", poursuit le pré-rapport, révélé par France Info et l’Union. "L’évolution de l’état de santé de Mme M., des premiers symptômes jusqu’à l’arrêt cardiaque, a été extrêmement rapide témoignant de la gravité de la pathologie sous-jacente".

Une organisation défaillante 

46 patients se sont enregistrés ce jour-là aux urgences entre 12 h et 16 h 20. Mais seulement six patients ont vu un infirmier d’accueil en moins de 30 minutes, délai recommandé par la Société française de médecine d’urgence (SMFU). Dans les faits, le délai moyen avoisine l’heure. 

"C’est un rapport accablant pour l’hôpital. Elle était manifestement prioritaire, mais on ne l’a même pas regardée", a réagi l’avocat de son fils, Maître Emmanuel Ludot, qui compte s’appuyer sur ce document pour chiffrer le préjudice d’affection de son client. 

"Ça laisse augurer un avenir sombre pour l’hôpital public, il n’y a plus de moyens, il n’y a plus d’argent." 

Madame M., âgée de 73 ans et atteinte de la maladie d’Alzheimer, vivait depuis 2012 à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Wilson de Reims. Le 6 mars, elle arrive en ambulance non médicalisée aux urgences du CHU à 16h06 pour des marbrures des membres inférieurs et une tachycardie. À 18h25, après être restée seule sur un brancard, elle est victime d’un arrêt cardiaque mortel.