Gironde vigilante s'interroge sur le nouveau plan de santé. D'un côté, le gouvernement nous dit qu'il faut réorganiser l'offre de soins autour de plusieurs axes, notamment la prévention, la qualité des soins et la lutte contre les déserts médicaux. Il serait donc tout-à-fait logique d'aider les hôpitaux de proximité, ceux qui sont en première ligne dans les territoires ruraux. Or que constate-t-on, que le seul service d'urgence sur un territoire important situé à plus d'une heure de route d'un hôpital a vu son effectif d'internes considérablement diminué par l'ARS cet été passant ainsi de 5 à 2 seulement, mais ne sera pas mieux loti cet hiver, puisqu'il n'aura qu'un seul interne au lieu de 2.

Les habitants des zones rurales sont déjà spoliés de nombreux services publiques (fermeture de gendarmerie, de bureau de Poste, de caserne de pompiers...). Maintenant ils doivent également faire face à un sous-effectif d'interne au sein du seul service d'urgence de leur territoire. Est-ce cela que l'on appelle recentrer le système de soins autour du patient sachant que nous ne bénéficions pas d'accès à des médecins de garde la nuit, le week-end et les jours fériés et que les créations de maisons de santé pluridisciplinaires n'y ont rien changé ?

Le Gouvernement a un discours mais l'ARS un autre.

2018 10 03 SO Urgences l'été à coûté cher à la polyclinique

Sud-Ouest du 3 octobre 2018 

Lesparre : l’été aux urgences risque de coûter cher à la clinique

lesparre l'été aux urgences

Cet été, le service des urgences de la clinique de Lesparre a battu son record de fréquentation. PHOTO J. L. 

SANTÉ Privée d’une partie de ses internes, la clinique de Lesparre a dû faire appel à de l’intérim pour son service des urgences. La fréquentation a battu des records 

Cet été, le service des urgences de la clinique de Lesparre a battu son record de fréquentation. Selon Yann Pilatre, le directeur de l’établissement, « environ 5 000 passages ont été enregistrés pour la période juillet-août » Cette fréquentation élevée, que le cadre explique en partie « par le beau temps sur la zone littorale », a dû être gérée dans des conditions pas toujours faciles. 

Rappelons qu’au mois de juin dernier, le Pavillon de la mutualité, propriétaire de la clinique, avait tiré la sonnette d’alarme. Yann Pilatre avait dénoncé la baisse des affectations du nombre d’internes, mis tous les ans à disposition du service des urgences. Cet effectif passant de cinq à deux internes, le directeur avait donc vu rouge (lire notre édition du 26 juin). 

Toute la difficulté résidait alors pour l’établissement, prévenu tardivement, à trouver des médecins disponibles sur un « marché » où il y a plutôt pénurie. Ce qui allait aussi se traduire par un problème du surcoût. Le recours à l’intérim dans le milieu médical est particulièrement onéreux. 

Des craintes confirmées 

Pour ce qui est du fonctionnement du service des urgences lui-même, de ce fait, Yann Pilatre ne cache pas que la période estivale a été compliquée. 

« Nous avons assuré la permanence et la sécurité des soins, mais il y a pu avoir à certains moments beaucoup d’attente pour les patients. » 

Pour faire face, le service a bénéficié de la cohésion de son équipe titulaire. « Il y a des médecins qui, en plus de leur temps de travail, ont accepté de faire des heures supplémentaires.  D’anciens internes passés par Lesparre sont aussi revenus travailler. Et puis nous avons pu compter sur le soutien de médecins urgentistes du CHU de Bordeaux, qui ont fait le déplacement dans le Médoc ». 

Une saison très coûteuse 

La clinique, enfin, a été contrainte de remplir son planning en faisant appel à des agences d’intérim spécialisées dans le milieu médical. Une option qui était redoutée par le directeur du Pavillon de la mutualité. 

« Je n’ai pas encore eu le courage d’évaluer le surcoût que cela va occasionner sur notre budget annuel. Je le redoute. Pour être clair, rien que d’y penser, j’en ai mal au ventre ! ». Yann Pilatre, qui ne s’attend à aucun geste de l’État, constate que la permanence des soins aux urgences ne sera pas plus simple à mettre en place cet hiver. « Nous devions avoir deux internes pour l’année, il n’y en a plus qu’un ! » 

Malgré tout, le directeur relève un point positif. L’ouverture, au mois de février prochain, d‘une unité de dialyse médicalisée au sein de la clinique. Elle ouvrira en février prochain. Dans le Médoc, ce sont au moins quarante patients qui sont concernés, sans compter les personnes de passage durant la période estivale. « Notre unité va leur éviter de faire la route vers Bordeaux pour se faire soigner », explique-t-il.