"Les jeunes maires vivent, eux, dans la crainte des services de l’État. Et des subventions qui vont avec, refusant de perdre quelques sous précieux s’ils s’opposent un peu trop." (SO du 23/09/2018 : « Je me faisais bouffer par la fonction »)

Sud-Ouest du 23 septembre 2018 

A la campagne, le mandat d’arrêt des petits maires 

RURALITÉ Plus d’un millier de maires ont déjà démissionné depuis leur élection. Le double que lors de toute la précédente mandature. L’ingratitude de l’État et de leurs administrés est évoquée

maires ruraux 

Rassemblement de maires à Pau, le 19 septembre 2015. PHOTO ARCHIVES DAVID LE DEODIC/« SO »

Il n’y a pas que les ministres qui démissionnent. À l’ombre de Paris et de ses humeurs gouvernementales, la France des campagnes serait ainsi au bord de la crise de maires. Petit blues post-électoral ou bien sévère dépression, en tout état de cause, les chiffres et les symptômes sont là: un gros millier de démissions depuis 2014, soit déjà plus du double que lors de la précédente mandature (1). Certes, s’il suffit souvent de gratter le vernis municipal pour découvrir combien les querelles de clochers intestines sont à l’origine du claquement de porte, l’ampleur du phénomène révèle autre chose. Dans le département des Landes, là où une trentaine d’élus ont raccroché leur écharpe, Christian Cenet renoncera à son tour, le 1er octobre. «Les petits maires ne sont plus responsables de rien», soupire celui qui administre encore les 738 habitants de Bougue. Grignoté par l’agglomération voisine de Mont-de-Marsan, le pouvoir de Monsieur le maire s’y est, dit-on, réduit comme peau de chagrin villageoise.

Le complexe du provincial ? 

Tandis que la loi sur la nouvelle organisation territoriale (Notre) oblige, depuis 2015, certains maires à des fusions, l’intercommunalité n’est alors plus toujours à leurs yeux la panacée longtemps annoncée. Quand bien même ces regroupements permettent de bénéficier de nouveaux services, ceux-ci déprécieraient d’autant plus la pertinence de l’échelon communal. «Sans oublier que cette loi a créé des périmètres géographiques insupportables», s’agace Vanik Berberian (2), le président de l’Association des maires ruraux de France. «Je connais une élue de l’Aveyron qui doit faire trois heures de voiture aller-retour pour une petite heure de réunion», raconte celui qui dénonce une vision parisienne voulant que «plus c’est gros, mieux c’est». En matière de budget, les petits ruisseaux municipaux ne feraient pas forcément les grandes rivières intercommunales."...

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