Sud-Ouest du 20 septembre 2018 

Vidéo. Feux de forêt : l’exception landaise

vidéo feu de forêt l'exception landaise

Les jeunes pins pompent moins d’eau laissant les nappes phréatiques à leur niveau le plus haut. ARCHIVES PHILIPPE SALVAT 

2018 est l’année la plus faible en termes de feux de forêt depuis quarante ans. Comment expliquer que, depuis 1990, le plus grand massif forestier d’Europe occidentale ne soit plus la proie de flammes dévastatrices ? 

« Actuellement nous sommes en vigilance mais sans restriction », relevait hier matin, Thierry Caule, expert prévision feux de forêt au Service départemental d’incendie et de secours des Landes (Sdis). Les yeux rivés sur les prévisions depuis le début de la semaine, il attend la pluie. « On a eu quelques passages ponctuels dans la semaine mais rien de très conséquent depuis. Et pour tout vous dire, on espère la pluie. » 

Si traditionnellement la période d’alerte des feux de forêts s’arrête vers la mi-septembre, les experts sont toujours sur le qui-vive. « En 2018, nous avons l’année la plus basse en termes de feux de forêts, depuis 1990 », annonce Benoît Bodennec, directeur de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI). Bien évidemment, il ne faut pas faire du petit bois avant d’avoir abattu le tronc et les spécialistes doivent attendre le 31 décembre pour arrêter les compteurs.

Le plus gros feu : huit hectares 

L’incendie de forêt le plus important en 2018 a brûlé près de huit hectares à Geloux . « Depuis le début de l’année, nous comptabilisons 50 départs de feux et un peu plus de 20 hectares de surface brûlée », précise Thierry Caule."...

Mais 2018 est aussi une année catastrophique pour d’autres forêts, plus ou moins voisines, comme en Californie, environ 115 000 hectares, au Portugal, 21 000 hectares, ou en Suède, 20 000 hectares. Pourquoi les Landes sont-elles épargnées ?

Une partie de la réponse se trouve dans l’essence même de la forêt landaise, à savoir un massif entretenu et surveillé, car cultivé, avec une vraie valeur économique (lire l’encadré ci-dessous). L’autre partie de la réponse vient bien évidemment d’une météo particulièrement clémente en début d’année. « Il a eu énormément de pluie à la fin du printemps3;;;

..."« On a constaté 20 à 40 % d’humidité en plus dans la végétation au mois d’août. » Il a fait chaud mais les plantes étaient tellement gorgées d’eau que le feu n’a pas pu prendre massivement."...

..."« Nous avons eu jusqu’à 70 % d’humidité alors qu’il faisait 35 degrés. Tout l’été, on a été baigné dans une ambiance quasi tropicale. » L’automne, qui commence dimanche, est attendu de pied ferme.

Météo propice, mais pas que

..."Les nouveaux pins plantés ont aujourd’hui cinq ou six ans. Ils sont plus jeunes et pompent moins d’eau dans le sol. Les nappes phréatiques sont donc moins sollicitées. Avec les pluies du début d’année, elles sont gorgées d’eau près de la surface du sol, favorisant, un peu plus encore, l’hydratation des végétaux qui restent verts. »"...

Attention le feu couve

..."« On sait très bien que les arbres demandent davantage d’eau pour se développer entre 10 et 15 ans. Dans les années à venir, il va donc falloir rester sur nos gardes », les nappes phréatiques vont être bien plus sollicitées."...

Les atouts d’une forêt cultivée

La force majeure de la forêt landaise est sa valeur économique"...

2018_09_20_SO_Vidéo_Feux_de_forêt_l'exception_landaise