Sud-Ouest du 19 août 2018 

Surveillance des plages : bientôt la fin des CRS sauveteurs en été  ?

surveillance des plages bientôt

42 MNS-CRS ont été déployés en Gironde cet été encore. JULIEN LESTAGE SO 

Un rapport de la Cour des comptes juge leur présence "trop chère", alors que Gérard Collomb souhaite qu’ils se concentrent "sur leurs fonctions régaliennes". 

Les maîtres-nageurs et sauveteurs CRS vont-ils abandonner la surveillance des plages en été ? Reconnaissables à leur tee-shirt avec l’inscription "Police nationale – Sauveteur" et le logo "CRS", 297 d’entre eux ont été affectés cette année dans 62 communes. En Gironde, ils sont 42 cet été. 

Mais les policiers chargés de surveiller et de sécuriser les plages jugées "dangereuses" et très fréquentées l’été coûteraient "trop cher" selon un rapport de la Cour des comptes. D’après l’institution, il faudrait mettre fin à ce dispositif.

Quant à Gérard Collomb, il estime que les CRS devraient "se concentrer sur leurs fonctions régaliennes, notamment en période estivale". Chez les élus des communes concernées, la nouvelle passe mal et l’inquiétude monte. 

"Une perte considérable" pour les communes 

"Si des nageurs-sauveteurs des compagnies républicaines de sécurité (CRS) participent, historiquement, à ce dispositif, il ne s’agit pas d’une mission propre des CRS", écrivait mi-juillet le ministère de l’Intérieur dans une réponse écrite à deux parlementaires. "De nouvelles évolutions ne doivent pas être exclues". 

La fin de cette mission serait "une perte considérable pour la sécurité de nos concitoyens et des touristes étrangers sur nos plages, parce qu’ils surveillent la baignade, préviennent les incivilités et luttent contre la menace terroriste qui existe aussi sur les plages", a réagi Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais et conseiller municipal du Touquet.

Depuis 2016 et les attentats jihadistes qui ont frappé la France, les maîtres-nageurs-sauveteurs (MNS) sont dotés d’un sac étanche contenant un pistolet automatique pour répondre à d’éventuelles attaques terroristes. 

"La sécurité des citoyens français, en ville ou à la plage, c’est de la responsabilité de l’État, pas des communes". Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais 

"Notre présence est indispensable" 

Dans un rapport de 2012, la Cour des Comptes relevait qu’"au fil des ans, les MNS CRS sont devenus une force sur laquelle certaines communes se sont habituées à compter" tout en soulignant la "participation contestable des CRS à un dispositif complexe". 

"La Cour des Comptes a une analyse financière de la situation", répond le maire Modem de Lacanau (Gironde), Laurent Peyrondet, membre du comité directeur de l’Association nationale des élus du Littoral (ANEL). 

"Mais elle n’est en aucun cas habilitée à se prononcer sur l’activité des CRS, dont la première mission est de sauver les baigneurs de la noyade mais aussi d’exercer un pouvoir de police sur la plage", plaide cet élu. Sa commune accueille quatre postes de surveillance sur quatre km de plage pour "30 000 visiteurs" les jours de grande affluence. 

L’un des CRS affectés sur place, Cyril Lambert, craint lui aussi un redéploiement des effectifs "dès l’an prochain sur des missions classiques régaliennes de sécurisation de l’espace public" : "Notre présence est indispensable sur les plages notamment face aux risques d’attentats", s’indigne ce référent national UNSA des CRS sauveteurs.