Sud-Ouest du 27 juillet 2018 

Jeune homme enseveli dans les Landes : pourquoi il ne faut pas creuser de trous

jeune homme enseveli

Au cap de l’Homy, les nageurs sauveteurs ont toujours un œil vigilant sur les baigneurs et surfeurs. Creuser des trous ajoute une mission non nécessaire. PHOTOS ISABELLE LOUVIER / « SUD OUEST »

"Mercredi, un jeune homme a été enseveli dans un trou. Sorti dans un état critique, il serait plongé dans un coma artificiel. Les sauveteurs lancent un appel à la vigilance"...

..."Un appel à la vigilance 

Les accidents causés par des trous construits dans le sable restent moins élevés que ceux liés aux baïnes. En 2007, à Mimizan, un jeune Albigeois de 23 ans a trouvé la mort dans un trou creusé sur la plage. En 2016, un drame similaire a été évité de justesse à Moliets (lire ci-dessous).

Mercredi, les sauveteurs landais ont lancé un appel à la vigilance par l’intermédiaire du Syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMGBL). Sa chargée de mission, Stéphanie Geyer-Barneix, demande « aux usagers de ne plus creuser de trous sur les plages ». 

Sur du sable fin, ces cavités sont extrêmement instables. Comme lors d’une avalanche, il est difficile de localiser précisément une personne coincer sous plus d’un mètre de sable. À l’inverse du manteau neigeux, où une poche d’air peut parfois se former. 

« Il n’y a pas de bulle d’air qui se crée lorsque le trou s’effondre. La personne ensevelie a la respiration bloquée. Il y a un risque vital si elle reste trop longtemps coincée. »Stéphanie Geyer-Barneix 

Aucun temps moyen de survie sous le sable n’existe car il y a trop de variables qui entrent en jeu. La position de la victime, sa profondeur et la nature du sable (fin ou légèrement humide) sont autant d’éléments qui font varier les minutes de survie. 

Réagir vite avec prudence 

Il n’y a pas de règle dans les cas d’ensevelissement pour sauver les victimes. Chaque situation est unique. Mais Stéphanie Geyer-Barneix appelle « les témoins à prévenir au plus vite le poste de secours. » 

Le dégagement d’une victime n’est pas une action simple. « Il ne faut pas enfoncer plus la victime sous le sable ni la blesser avec des pelles. À cause du sable, parfois trop fin, nous mettons de longues minutes pour des trous d’un à deux mètres car le sable dégagé retombe constamment. »

Une mission supplémentaire 

Surveiller les trous creusés est une mission supplémentaire dont les postes de secours se passeraient bien. « Nos nageurs sauveteurs sont dos au sable avec l’attention portée sur les zones de baignades et de surf, annonce la chargée de mission du SMGBL. Nous ne pouvons pas avoir un œil sur chaque trou creusé aux environs."...

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