BFMTV du 20 juin 2018 

Mort de Naomi Musenga: les réponses du SAMU jugées "non adaptées" par le rapport de l'IGAS 

Mort de Naomi Musenga: les réponses du SAMU jugées " non adaptées " par le rapport de l'IGAS

L'enquête demandée au sujet de la mort de Naomi Musenga, la jeune femme qui a perdu la vie après une négligence supposée du Samu, révèle que les réponses de l'opératrice ont été à l'origine d'un retard considérable de la prise en charge.

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Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) concernant la mort de Naomi Musenga, morte le 29 décembre à Strasbourg après un appel au Samu, accable le Samu local. Révélées ce mercredi, ses conclusions pointent les réponses de l’assistante de régulation qui a pris l’appel de la jeune femme, l’accompagnement de la famille et les suites données à l’affaire. L’IGAS estime notamment que "les réponses non adaptées de l’assistante de régulation médicale ont conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20". 

Le rapport évoque le "ton moqueur" de l’échange entre l’opératrice des pompiers et celle du Samu, ainsi que le "ton dur, intimidant et déplacé" de cette dernière face aux appels à l’aide de la jeune maman de 22 ans. Il note également que Naomi Musenga n’a pas pu parler à un médecin régulateur, pourtant prévu par la Haute autorité de santé. De même, si la procédure de régulation du Samu de Strasbourg n’impose pas de régulation médicale systématique, elle est prévue "en cas de douleurs abdominales, ce qui n’a pas été fait". 

Un autre appel passé par un proche 

On apprend par ailleurs dans ce rapport qu’un autre appel au Samu a ensuite été passé par un proche de la jeune fille. Comme lors du premier appel, l’assistante de régulation, qui n’a pas fait alors le rapprochement entre les deux appels, ne transmet pas l’appel à un médecin régulateur, et elle dirige de nouveau l’appelant vers SOS Médecins. Ce n’est qu’après un troisième appel, passé cette fois par SOS Médecins et pris par une autre assistante, que des secours sont envoyés. 

La famille mal accompagnée 

Le rapport de l’IGAS pointe également la prise en charge de la famille de Naomi Musenga après sa mort. Il estime ainsi que l’annonce de sa mort "n’a pu se tenir dans des conditions satisfaisantes en l’absence de lieu dédié et adapté pour recevoir les familles au sein du service de réanimation". Par ailleurs, "la transmission de l’enregistrement de l’appel au père de Madame Naomi Musenga n’a pas été assortie d’une proposition d’accompagnement, pourtant indispensable compte tenu de l’immense choc que pouvait constituer cette écoute." 

Autre erreur: le décès de Naomi Musenga "n'a pas donné lieu à une déclaration formelle, selon la procédure prévue pour les 'événements indésirables graves'".  

Une suspension tardive 

L’enquête estime par ailleurs que les suites données par le responsable du Samu "n’ont pas été à la hauteur de la gravité de la situation". En effet, la suspension de l’assistante de régulation n’a eu lieu qu’un mois plus tard, après que le directeur général des HUS a eu connaissance de l’événement. "La mission recommande d’accepter la démission présentée par le responsable de service du Samu". 

Le cas de Naomi Musenga a déclenché une vague d’émotion lorsque l’échange de la jeune fille avec la régulatrice du Samu a été rendu public, en mai dernier. Le rapport explique également que des travaux sont en cours pour améliorer la prises en charge des appels d'urgence. 

Sud-Ouest du 20 juin 2018 

Décès de Naomi Musenga : un rapport dénonce des procédures "non conformes"

un rapport dénonce

Une photo de Naomi Musenga prise par sa famille AFP 

"L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a jugé que la procédure de prise en charge des appels du Samu de Strasbourg n’était "pas conforme aux recommandations", entraînant la démission de son responsable."...

2018_06_20_SO_Décès_de_Naomo_Musenga_Un_rapport_dénonce_des_procédures_non_conformes