Ci-dessous deux articles, deux visions.

Le premier montre une France prête à faire face à une nouvelle saison de feux de forêt avec la mobilisation d’importantes ressources humaines, la prévention, une détection précoce des incendies et une "attaque initiale massive". 

Le second une campagne feux de forêt tendue due au changement climatique mais également parce que les moyens de lutte sont vieillissants. 

- Une moyenne d'âge de 13 ans pour les camions-citernes feux de forêts dont certains peuvent même atteindre 25 ans

- La moitié d'entre eux n’est pas aux normes de sécurité

- Nombre de SDIS n’ont pas pu dépêcher de colonne de renforts cet été, faute de matériel adapté ou de personnel formé

- Les moyens aériens seraient vétustes

- Plus de 23 avions bombardiers d’eau, en théorie

- Plusieurs engins sont restés cloués au sol l’été dernier pour des problèmes de maintenance

- Certes annonce de l'achat de 6 avions DASH gros-porteurs par le Ministre de l'Intérieur

- Mais, les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2022, pour remplacer les trackers vieux de 30 ans qui, espérons le tiendront jusque là

- Le premier sera livré pour l’été 2019

En attendant, il ne nous reste plus qu'à prier 

Sud-Ouest du 25 mai 2018 

La France est "prête" pour la saison des feux de forêt

la france est prête pour la saison des feux

Les feux de forêt de 2017 ont été les plus violents depuis ceux de 2003, année de la canicule, où 73 000 hectares avaient brûlés. ARCHIVES. AFP

Le ministre de l’Intérieur a présenté jeudi la stratégie nationale : ressources humaines, prévention, détection précoce et "attaque initiale massive". 

Après un été 2017 marqué par les plus importants incendies depuis 15 ans, la France est "prête" à affronter une nouvelle saison de feux de forêt, a assuré vendredi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. "Nous sommes prêts à faire face aux feux de forêts que cette région, que tout le Sud du pays, va devoir affronter dans les jours et semaines à venir", a déclaré le ministre, à Draguignan (Var), à l’occasion du lancement de la campagne de lutte contre les feux de forêt, avec la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson. 

En 2017, quelque 24 500 hectares sont partis en fumée, loin du chiffre noir de 2003, année de la grande canicule, durant laquelle 73 000 hectares avaient brûlé. Mais l’été dernier a toutefois marqué une nette recrudescence des feux, avec des surfaces brûlées similaires à celles des années 1990 et a représenté "la plus importante saison de feux de forêt depuis 15 ans", selon Gérard Collomb. 

72 personnes mises en cause en 2017 

Le feu le plus important de l’été 2017 est parti de la commune d’Olmeta en Haute Corse, le 24 juillet, où un incendie a dévasté 2 260 hectares. Fortes chaleurs et sécheresse, vents forts et tourbillonnants ont favorisé la propagation de ces incendies. Si l’homme est souvent à l’origine de ces sinistres, il s’agit le plus souvent d’actes involontaires, conséquences d’imprudence, a relevé le ministre. Gérard Collomb a cependant envoyé un message de fermeté à l’égard des auteurs d’acte de malveillance, rappelant qu’en 2017, 72 personnes avaient été mises en cause par les services enquêteurs.

Le ministre a mis en avant la stratégie nationale française basée sur la mobilisation d’importantes ressources humaines, la prévention, une détection précoce des incendies et une "attaque initiale massive".  

La Gazette.fr du 25 mai 2018 par Isabelle Verbaere  

La campagne feux de forêt s’annonce tendue

la gazette fr 25

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a présenté ce vendredi matin 25 mai à Draguignan (Var) la campagne de lutte contre les feux de forêts 2018. Dans un contexte difficile, car le risque augmente avec le changement climatique mais aussi parce que les moyens de lutte sont vieillissants. 

Trente-deux départements sont identifiés par le code forestier comme particulièrement exposés aux flammes. Certains comme le Var sont boisés au deux tiers. De quels moyens aériens et terrestres disposera la sécurité civile  cette année, pour protéger ces milliers d’hectares d’espaces naturels menacés et combattre les incendies ? 

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, les a présentés ce vendredi matin 25 mai à Draguignan (Var), à l’occasion  du lancement de la campagne de lutte contre les feux de forêts 2018. 

Des moyens terrestres, aériens et humains 

Dans la zone de défense et sécurité sud les moyens terrestres représenterons 650 hommes des formations militaires de la Sécurité civile, 700 sapeurs-pompiers constitués en une dizaine de colonnes de renfort zonales et 45 hommes mis à disposition par le ministère de la défense. 

La Sécurité civile disposera de  23 avions bombardiers d’eau : douze canadairs, neuf trackers et deux dash. Elle aura aussi à sa disposition : trois avions d’investigation et de coordination, et onze hélicoptères dont huit de secours et de commandement. 

Le retour des gros feux ? 

La question des moyens de la lutte contre les feux de forêt présente une acuité particulière cette année, pour deux raisons. D’abord les surfaces brûlées augmentent. «Après quelques années calmes ou les feux n’étaient plus significatifs, la France a assisté en 2017 à une année conséquente où l’on a retrouvé la problématique des gros feux déjà présente dans les années 90 », pointe Roger Gennaï adjoint au chef du bureau des moyens aériens et chef du groupement avions. 24500 hectares ont brûlé en 2017. C’est sept fois plus qu’en 2013. « On est très loin des 73 000 ha parcourus en 2003 sur notre territoire ou des surfaces détruites au niveau européen », tempère le lieutenant colonel Michaël Bernier chef du bureau communication de la ‎Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises. 350 000 ha ont été détruits au Portugal par exemple et 100 personnes tuées en deux jours l’année dernière. 

Mais outre que les surfaces brûlées sont à la hausse, plusieurs facteurs suggèrent que le changement climatique est déjà à l’œuvre. D’abord la saison des feux se rallongePrès de 1000 hectares de pins ont été détruits par un feu très violent à 55 kilomètres au Nord de Bordeaux, en avril 2017. Dans le sud-est, le dispositif de lutte a été prolongé suite au développement d’importants incendies jusqu’en octobre, notamment en Haute-CorseLe risque s’élargit aussi à des territoires jusqu’alors relativement épargnés, plus au nord et/ou en altitude. Deux incendies ont ravagé plus de 100 hectares chacun, dans les Alpes-de-Haute-Provence. 

Un équipement vétuste 

Bref le risque semble augmenté.  Or, dans le même temps, les moyens opérationnels de lutte sont vieillissants. «Près de 13 ans d’âge moyen pour les camions-citernes feux de forêts, pointait le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, lors de son allocution à l’occasion du 124e congrès de la Fédération, le 14 octobre 2017 à Ajaccio. Certains peuvent même atteindre 25 ans ! La moitié n’est pas aux normes de sécurité. Dans ces conditions, nombre de SDIS n’ont pas pu dépêcher de colonne de renforts cet été, faute de matériel adapté ou de personnel formé ». Michaël Bernier relativise. « La sécurité civile est capable de mobiliser quotidiennement  35 000 sapeurs-pompiers et sapeurs-sauveteurs ». 

Mais les moyens aériens aussi seraient vétustes. Certes, la Sécurité civile dispose de  plus de 23 avions bombardiers d’eau : douze canadairs, neuf trackers et deux dash. En théorie.  Plusieurs engins sont restés cloués au sol l’été dernier pour des problèmes de maintenance. Gérard Collomb a annoncé en janvier 2018, l’achat de 6 avions DASH gros-porteurs, dont les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2022, pour remplacer les trackers vieux de 30 ans. Le premier sera livré pour l’été 2019. En attendant, mieux vaudrait que l’été soit pluvieux.