Actu.fr du 22 mai 2018 

Après Naomi, le Samu de Nancy mis en cause : une jeune femme malade assure avoir été traitée de « menteuse » 

Un père de famille menace de porter plainte après une "mauvaise prise en charge" de sa fille, le 12 mai, par le Samu de Meurthe-et-Moselle. Ce dernier se refuse à tout commentaire.

après Naomi le samu de Nancy mis en cause

Un service des urgences. (©Le Républicain) 

Son coup de gueule a été relayé plus de 5000 fois sur le réseau social Facebook. Un père de famille de Varangéville (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy, envisage de porter plainte contre le Samu après un appel passé par sa fille souffrante.  

Samedi 12 mai 2018, Charlotte, la fille de Philippe Barad l’appelle vers 19h et lui dit « qu’elle a de fortes douleur dans la poitrine depuis la fin d’après midi ». Elle « ne peut plus bouger sans hurler de douleur ». 

Selon son père, sa fille décide d’appeler un médecin de garde qui lui dit « d’attendre entre deux et quatre heures » pour une prise en charge. A 22h30, elle décide finalement de joindre le Samu en composant le numéro d’urgence 15.

L’opératrice lui répond que c’est une « menteuse » 

Au téléphone, à une opératrice du Samu elle explique « qu’elle a de fortes douleurs dans la poitrine, qu’elle ne peut bouger, ni même pour aller aux toilettes, et tout en pleurant ».

Le Samu lui aurait ensuite affirmé qu’un déplacement pour une prise en charge à domicile n’est pas possible. Philippe Barad ajoute : 

« Ma fille s’énerve au téléphone et (l’opératrice) lui répond que c’est une menteuse, qu’elle n’a pas assez mal. Ma fille lui raccroche au nez en criant qu’elle va se débrouiller par ses propres moyens (…) 

Plus de neuf heures pour être prise en charge 

C’est le petit-ami de la jeune femme qui va réussir, « après une conversation tendue » avec le Samu, à mobiliser une ambulance. Peu après 3h dans la nuit, un véhicule des pompiers la prend en charge au domicile familial pour la conduire vers les urgences de Nancy. 

A 4h, elle est accueillie à l’hôpital central. D’après Philippe, le « diagnostic médical est sans appel » : sa fille souffre d’une « hémorragie au niveau du poumon gauche ». 

Plus de neuf heures se sont écoulées entre l’appel au médecin de garde et les appels aux urgences. Imaginez un peu le calvaire qu’a subit ma fille (…). C’est honteux d’entendre ça de la part des standardistes aux urgences, surtout juste après ce qu’il vient de se passer à Strasbourg.  

Selon L’Est Républicain, elle est finalement transférée le lundi matin vers l’hôpital de Brabois à Vandoeuvre-lès-Nancy pour subir une opération. Elle va rester hospitalisée plusieurs jours durant sa convalescence.  

Le père de famille assure qu’il « ne veut pas en rester là » et envisage de déposer une plainte 

2018 05 22 Samu de Nancy

Le Samu reste muet 

Contacté par Lorraine Actu, le Samu de Meurthe-et-Moselle n’a pas souhaité faire de commentaire. Selon un porte-parole du CHRU de Nancy dont dépendent les services départementaux du Samu : 

« Il ne nous appartient pas de commenter des cas individuels, notamment en raison du secret médical. »

En 2017, les opérateurs du Samu 54 ont traité 506 000 appels téléphoniques. En moyenne, c’est plus de 1 300 appels par jour qui transitent sur la plate-forme intégrée au sein de l’hôpital central.  

Partout en France, le Samu au cœur de la polémique 

Cette nouvelle affaire vient entacher l’image du Samu déjà écornée par l’affaire Naomi à Strasbourg (Bas-Rhin). Deux opératrices sont mises en cause pour avoir traité avec mépris l’appel au secours d’une jeune femme qui affirmait avoir mal au ventre. Elle est morte peu de temps après. Une enquête judiciaire a été ouverte.  

Par ailleurs, la famille d’une femme enceinte de six mois, décédée en mars dernier après un appel au Samu qui, selon elle, n’aurait pas été bien pris en compte, a porté plainte. Une enquête a été ouverte jeudi dernier par le parquet de Saint-Etienne.

A Troyes, le parquet a ouvert une information judiciaire après la mort d’un adolescent en situation de handicap de 14 ans qui est passé par le services des urgences.

Ce mardi 22 mai, on apprend également qu’une enquête a été ouverte dans le Loir-et-Cher après la mort d’un garçon de 13 ans en 2014. Ses parents estiment qu’une mauvaise prise en charge du Samu est à l’origine de la mort de leur enfant, qui était atteint d’une tumeur cérébrale

Le gouvernement s’est saisi du dossier et assure vouloir mieux former les agents du Samu et créer un numéro unique d’urgences comme aux Etats-Unis (911).