Ouest France du 22 mai 2018 

Urgences. Faut-il un numéro unique d’appel de la police, des pompiers, du Samu ?

urgences faut-il un numéro unique

Le 15 reçoit, chaque année, 25 millions d'appels en France. | Thomas BREGARDIS 

La ministre de la Santé tranchera avant l’été sur l’opportunité ou pas de mettre en place un numéro unique d’appel d’urgence. Les avis des secouristes divergent sur le sujet. Et les médecins ne sont pas d’accord entre eux. 

Faut-il instaurer un numéro de téléphone unique pour joindre les secours (gendarmerie-police, pompiers, Samu) ? Après la mort de Naomi Musenga à Strasbourg, dont l’appel à l’aide n’a été entendu ni par les pompiers ni par le Samu, la question redevient d’actualité

La ministre de la Santé a promis de statuer sur le sujet avant l’été, une fois qu’elle aura en main les conclusions des enquêtes commandées en janvier aux Inspections générales des affaires sociales et de l’administration, pesant les inconvénients et les bénéfices d’un tel changement. En octobre, Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’étaient exprimés en faveur d’un tel dispositif unique. 

Deux options s’offrent à Agnès Buzyn : regrouper tous les appels d’urgence (gendarmerie-police, pompiers, Samu) sur un seul numéro avec, en plus, un standard particulier pour la régulation médicale banale. Ou alors réunir sous un seul numéro tout ce qui concerne la santé, urgent ou pas, à l’image du 15.

Usine à gaz ? 

Pas facile de trancher, d’autant que les secouristes sont divisés. Alors que Samu-Urgences de France et plusieurs syndicats de généralistes militent pour un standard dédié exclusivement aux urgences médicales, la Fédération nationale des pompiers plaide, elle, pour le 112 réunissant gendarmerie-police, pompiers et Samu. Une initiative soutenue par l’Association des médecins urgentistes de France du Dr Patrick Pelloux. Le 112 est le numéro d’urgence gratuit pour toute l’Union européenne. En France, il renvoie principalement vers les pompiers. 

Quelle que soit la décision qui sera prise par la ministre, il est grand temps de dépoussiérer le système actuel. La France compte, en effet, treize numéros d’urgence et 450 sites de réception des appels, du 15 (Samu) au 197 (alerte attentat enlèvement), en passant par le 114 (pour les sourds et malentendants), le 115 (Samu social)… 

Le numéro unique gendarmerie-police, pompiers, Samu aurait un atout : éviter aux Français de se tromper entre le 15, le 17 et le 18. Mais ses détracteurs craignent qu’en instaurant une plate-forme commune de gestion des appels, on n’instaure une usine à gaz ne faisant pas gagner de temps aux appelants. Faux, rétorque la Fédération des pompiers assurant une prise en compte de la demande d’urgence en moins d’une minute dans 80 % des cas.