Depuis maintenant de nombreuses années, Gironde Vigilante alerte les autorités compétentes de la problématique du Centre 15, de la difficulté de poser un diagnostic sans voir le patient et des délais d'intervention des secours d'urgence médicale. 

On a l'impression qu'aujourd'hui, Madame la Ministre découvre une situation qui pourtant existe depuis un certain nombre d'années précisément dès le moment où les particuliers ont été dans l'obligation de passer par le Centre 15 pour toute urgence médicale alors qu'auparavant ils pouvaient joindre les sapeurs-pompiers.

Il a fallu le dramatique décès de Naomi et sa médiatisation pour que d'autres cas fassent surface. Les langues se délient et enfin des personnes osent porter plainte contre un système de santé qui se dégrade.

Gironde Vigilante ne jette pas l'opprobre sur les Samu et encore moins sur les sapeurs-pompiers. Comment peuvent-ils répondre convenablement à des sollicitations en forte augmentation alors que leurs moyens baissent ?

Quand il n'y a pas de moyens de secours à envoyer sur une intervention que peuvent-ils faire ?

Les sous-effectifs dans les Centres 15 pour répondre rapidement aux appels, le manque de moyens des Samu, l'absence de sapeurs-pompiers de garde dans de nombreux centres de secours, sont autant de facteurs qui contribuent à la mauvaise prise en charge des patients.

On ne peut pas supprimer des moyens partout et n'importe comment, il s'agit de la vie des personnes.

Si demain, par mesure d'économie on enlève un réacteur à l'avion présidentiel, ou encore un pneu aux véhicules de fonction des Ministres, "Ah, ils vont marcher beaucoup moins bien, forcément !" comme dirait Bourvil.

La vie n'a pas de prix et les indemnités versées aux familles ne feront jamais revenir l'être aimé.

Madame la Ministre vous êtes en charge de la santé des Français, de tous les Français. Vous parlez d'une marge d'amélioration dans les pratiques des Samu mais en aucun cas de la détérioration d'un système de santé et de secours que le monde entier nous enviait et c'est certainement là, le point essentiel qu'il faudrait revoir.

Sud-Ouest du 19 mai 2018

2018 05 19 SO Face à une sucession Buzyn