Nous vous engageons à prendre connaissance de l'interview et de l'article ci-dessous. Nous avons d'ailleurs extrait les propos édifiants de Wilfrid SAMMUT, praticien hospitalier du Samu 78 qui met en exergue le manque de moyens des services d'urgence et les conséquences. 

"Problèmes des moyens qui sont alloués aux services d'urgence et au-delà à l'hôpital public, puisque là il s'agit vraiment de la question des services publics et du fonctionnement des services publics hospitaliers. Ces questions là sont malheureusement connues, j'entends Madame Buzyn réagir sur twitter...et dire qu'elle s'indigne, mais Madame Buzyn comme ses prédécesseurs Madame Touraine précédemment et les autres ministres, sont complètement informés des manques de moyens qui existent à l'hôpital public depuis plusieurs mois voire plusieurs années... 

Quand vous êtes dans une situation de dépassement de capacité de réponse, c'est-à-dire que vous vous trouvez dans un service que ce soit dans un service d'urgence ou un service comme le Samu, où vous n'avez plus les moyens c'est-à-dire vous n'avez plus d’effecteurs...quelles sont les réponses à proposer aux citoyens qui téléphonent pour avoir une réponse à son urgence ressentie en tout cas. Les moyens c'est les médecins généralistes, les Smur éventuellement ou les secours pompiers et on se trouve dans une telle sinistralité concernant ces trois types d'effecteurs, que les permanencières auxiliaires de régulation médicale qui ont à gérer ces appels, n'ont plus de réponse à donner. C'est-à-dire qu'à 23 heures ou à 1 heures du matin vous vous retrouvez dès fois, même en région parisienne ou en région de Strasbourg qui est une grosse agglomération, sans effecteurs à pouvoir adresser à ces patients en détresse. Donc vous êtes obligé de gérer...ces propos d'humour un peu décalés sont malheureusement un mécanisme de défense élémentaire d'un individu en dépassement de capacités... 

Les services comme les Samu et les services d'urgence d'accueil et même d’ailleurs j'associe volontairement et volontiers les premiers secours pompiers fonctionnent avec à peu près 10 à 20 % de moyens en moins depuis plusieurs mois et plusieurs années et ça, nos ministres le savent parfaitement. Sauf que ces services ne peuvent pas fonctionner pour avoir une réponse adaptée avec 10 ou 20% de moyens en moins et quand on a 10% ou 20% de moyens en moins, forcément on en arrive à des situations telles quelles. Mais la question est là : quels sont les moyens qu'on doit allouer pour avoir une réponse complètement adaptée et éviter ce genre de drame aux services d'urgence et aux services qui doivent apporter une réponse au quotidien ? C'est une activité très difficile à laquelle sont confrontés les services d'urgence, les services des Samu et on ne peut pas fonctionner encore une fois avec 20% de moyens en moins et c'est ce qui est malheureusement le cas et je peux vous assurer par contre que les gens qui sont investis dans ces services au quotidien font des efforts épouvantables pour pouvoir essayer de donner la meilleure réponse aux citoyens qui s'adressent à eux."

BFMTV du 15 mai 2018 

Affaire Naomi Musenga: l’opératrice du Samu, un bouc émissaire parfait 

Une malade est morte, l'hystérie collective ne la ressuscitera pas

affaire Naomi musenga

..."On a vu déferler tous les excès 

Il convient à ce stade de préciser que l’intensité de l’émotion et des premières réactions est tout à fait normale. Et l’on pourrait dire presque saine, car il y aurait peut-être quelque inquiétude à avoir pour une société qui resterait froide ou indifférente face à la tragédie qui frappe la famille de Naomi Musenga. Mais une fois passée cette première émotion, il est de la responsabilité des acteurs de reprendre leur sang-froid, de cesser la surenchère et de laisser le traitement du problème aux mécanismes prévus par une société démocratique. Malheureusement, une fois encore les digues cédant une à une, on a vu déferler tous les excès. 

L’émotion étant vendeuse, les médias vont d’abord se saisir de la tragédie et la transformer en marchandise. Multiplication des articles, des émissions, des débats, à base de surenchère et d’informations tronquées ou partielles.

2018_05_15_BFMTV_Affaire_Naomi_Musenga_l'opératrice_du_Samu_un_bouc_émissaire_parfait