Sud-Ouest du 3 avril 2018 

Biganos : Une lutte sans répit contre les incendies

une lutte sans répit

L’entretien du massif incombe aux associations locales Photo DFCI AQUITAINE 

Dimanche avait lieu l’assemblée générale de l’ASA (Association syndicale autorisée) de Biganos de la DFCI (Défense des forets contre les incendies), sous la présidence de Bruno Lafon, le maire sans étiquette de Biganos.

Rappelons qu’à la suite du grand incendie de 1949, la défense des forets contre les incendies a attribué aux sapeurs-pompiers la lutte contre les incendies et aux associations de DFCI les travaux de prévention et la gestion des infrastructures. Malgré tous les efforts de ces différents partenaires, la Gironde reste le département le plus touché par les départs de feux (1 200 par an), plus que la Corse ou les Bouches-du-Rhône. D’où le travail incessant des ASA, qui doivent gérer l’accès au massif, la ressource en eau, l’entretien des fossés, ponts et points d’eau, ainsi que la signalisation des pistes. 

Sensibilisation 

Ces associations assurent également des actions de sensibilisation et d’information destinées à développer une culture du « risque feu de forêt » et à faire adopter « les bons comportements ». 

Lors de cette assemblée générale, Bruno Lafon a fait le point sur les difficultés rencontrées pour réaliser les travaux qui incombent à l’ASA. Tout d’abord, en raison de la lenteur de traitement des dossiers par l’État, l’association peut réaliser les travaux jusqu’à deux ans après les avoir votés. À cela s’ajoutent l’obligation de passer des marchés publics et la difficulté à intéresser les entreprises à de petits travaux. De plus, le coût de ces travaux ne peut excéder les capacités d’autofinancement de l’association. Il n’y a donc pas d’emprunt possible. Les fonds proviennent de la cotisation obligatoire des propriétaires forestiers (3,50 € l’hectare) ainsi que des subventions de l’Europe et de la Région. 

Malgré tout, les travaux envisagés pour cette année seront de deux ordres : création de fossés et entretien des pistes. Mais le financement de ces travaux sera plus difficile. En effet, désormais, l’Union européenne ne financera qu’à 40 %, au lieu de 80 % jusqu’ici, les pistes non accessibles au public. En réponse aux réclamations des forestiers témoins d’intrusions motorisées dans le massif et rappelant que les portiques mis en place ont été détruits ou volés, Bruno Lafon indique que la piste 217, par exemple, restera incarrossable, pour éviter le passage de ces engins, et rappelle qu’en cas d’accident sur les pistes interdites, le conducteur n’est pas indemnisé par son assurance.