Sud-Ouest du 7 mars 2018 

la télémédecine à domicile 

QUATRE CLÉS POUR COMPRENDRE 

Haute Gironde Deux infirmières de Saint-Savin portent depuis le mois de novembre un projet expérimental en télé-expertise et télé-consultation à domicile

Télémédecine 7 

1 Une expérience menée sur deux ans

Les patients en rêvaient, elles l’ont fait! Depuis le mois de novembre, Sonia Dodoh et Gaëlle Potier, deux infirmières de Saint-Savin titulaires d’un diplôme universitaire en plaies et cicatrisation, se déplacent directement chez les patients du territoire pour leur proposer des télé-expertises et télé-consultations. Ce projet expérimental, unique en Nouvelle-Aquitaine et mené sur deux ans, est soutenu par l’Agence régionale de Santé (ARS). Le matériel nécessaire est quant à lui financé par la Région. 

2 Une tablette connectée

Mais alors comment ça marche ? Lorsqu’un professionnel du pôle de santé de Saint-Savin est confronté à une plaie qui cicatrise mal, il fait appel à l’expertise des deux infirmières qui se déplacent chez le patient. Grâce à une tablette numérique, équipée d’un logiciel spécialisé, elles réalisent alors un bilan global de l’état de la plaie, déterminent le protocole à suivre puis transmettent ces informations aux médecins de la Maison de santé de Bordeaux Bagatelle avec qui elles collaborent. Après avoir pris connaissance des informations, le médecin référent valide les conclusions ou demande une consultation en visioconférence, pour ausculter le patient à distance, « en live ». La tablette est pour cela équipée d’une caméra, et d’une connexion en 4G. 

3 Désengorger les consultations

Ce dispositif permet selon les professionnels de santé de faciliter l’accès aux soins, en évitant en effet les déplacements des patients jusqu’à Bordeaux ou Libourne, de désengorger les consultations spécialisées, mais aussi de renforcer la coordination et la coopération entre les professionnels. 

4 Quelles sont les limites ?

Si les premières télé-expertises et télé-consultations menées par les deux infirmières jusqu’à présent sont concluantes, quelques questions se posent. En effet, comment appliquer le système aux patients malvoyants ou malentendants ? Et quid des zones blanches, notamment dans les zones rurales, qui ne captent pas la 4G ? L’expérience le déterminera. 

Jorina Poirot