Sud-Ouest du 28 février 2018 

Saint-Savin : La nouvelle technologie au service de la médecine

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Grâce à une tablette numérique, le médecin Pascal Toussaint, de la Maison de santé de Bordeaux Bagatelle, a pu réaliser la consultation de sa patiente à distance. PHOTO J.P. 

Le pôle de santé pluridisciplinaire du territoire de Saint-Savin porte, depuis novembre, un projet expérimental en télé-expertise et téléconsultation à domicile.

Bénéficier d’une consultation médicale spécialisée sans devoir se déplacer jusqu’à Bordeaux ou Libourne. Les patients en rêvaient, elles l’ont fait. Depuis le mois de novembre, deux infirmières libérales de Saint-Savin, Sonia Dodoh et Gaëlle Potier, titulaires d’un diplôme universitaire en plaies et cicatrisation, se déplacent directement chez les patients pour leur proposer des téléconsultations

À l’aide d’une tablette numérique, elles établissent un diagnostic complet du patient et échangent en direct avec des médecins spécialisés. Un projet expérimental unique en Aquitaine, mené sur deux ans, et soutenu par l’Agence régionale de santé (ARS). 

« La télémédecine est un vrai confort pour les patients et se développe de plus en plus. Nous avions envie de mettre cela en place sur le territoire. Les professionnels du pôle de santé pluridisciplinaire de Saint-Savin, dont nous faisons également partie, ont approuvé notre projet et nous ont aidés à le monter auprès de l’ARS, qui le finance entièrement. La Région ayant toutefois pris en charge le matériel. Nous avons mené de nombreuses réunions, fait un état des lieux des offres des différents acteurs au niveau des plaies sur la Haute-Gironde. Le but était de proposer quelque chose d’unique et d’apporter un plus », explique Gaëlle Potier. 

Ainsi, depuis le début du mois de novembre, les deux infirmières ont organisé déjà une dizaine de téléexpertises et réalisaient lundi leur première consultation en live avec un médecin, chez une patiente âgée domiciliée dans une résidence d’accueil à Donnezac.

Un médecin « en live » 

« Lorsqu’un professionnel du pôle de santé est confronté à une plaie qui évolue mal par exemple, il fait appel à notre expertise. Nous nous déplaçons alors chez le patient et, grâce à notre tablette, nous réalisons un bilan global de l’état de la plaie, du protocole à suivre et nous transmettons ces informations aux médecins de la Maison de santé de Bordeaux Bagatelle avec qui nous collaborons. Le médecin référent prend connaissance des informations. Soit il valide les conclusions, soit il demande une consultation en visioconférence, comme c’est le cas aujourd’hui », explique Sonia Dodoh, tout en connectant sa tablette au réseau WiFi. Celle-ci marche en 4G lorsque les résidents ne disposent pas de connexion Internet. 

Quelques minutes plus tard, le docteur Pascal Toussaint, connecté depuis Bordeaux, apparaît à l’écran. Le médecin spécialisé, qui suit la patiente depuis des mois, veut s’assurer aujourd’hui de la bonne cicatrisation des plaies. Les infirmières positionnent alors la caméra de la tablette en direction de la jambe de la patiente. 

Désengorger les consultations 

Depuis le petit écran, le médecin se rend ainsi compte de l’évolution et échange en direct avec la patiente, les infirmières spécialisées, ou encore l’infirmière et le médecin traitant de la patiente. 

« Ce dispositif permet non seulement de faciliter l’accès aux soins des patients en évitant les déplacements, (il faut savoir que cette patiente devait se rendre tous les mois à Bordeaux), de désengorger les consultations, mais aussi aux professionnels de renforcer leur coordination et leur coopération, note Sonia Dodoh. Bien entendu, tout le monde doit donner son accord au préalable. » 

Et malgré quelques petits désagréments techniques, comme le son haché, ou encore la vidéo qui se coupe quelques secondes lorsque l’on tourne trop vite la tablette, l’expérience s’avère concluante pour tous, y compris pour la patiente qui n’a même pas bougé de sa chambre ! 

Reste à voir cependant, si tout se déroulera aussi bien lors des prochaines consultations. Et comment appliquer le système aux patients malvoyants ou malentendants ? Et quid des zones blanches qui ne captent pas la 4G ? Le temps de l’expérience le déterminera…