Certes, ce père de famille et ses enfants sont sains et saufs suite à cet incendie mais ils se retrouvent, comme bien d'autres après un tel sinistre (ici 33 locataires), sans logement et personne ne s'inquiète de leur sort. Ils sont doublement victimes.

Pour ces personnes, le traumatisme est immense et même s'il y a des assurances, celles-ci prennent du temps à les indemniser, appliquent toujours un coefficient de vétusté à leurs biens et surtout, ne remplaceront jamais les souvenirs de toute une vie.

Sud-Ouest du 15 février 2018 

Bordeaux : un père et ses enfants à la rue depuis un incendie

depuis l'incendie

Son logement situé à l’étage à droite de la photo a été touché par l’incendie. THIERRY DAVID 

"Son assurance lui a réglé cinq nuits d’hôtel. Son logement touché par les fumées est pour l’heure inhabitable. Le temps file. 

Il ne dormait pas profondément. Le 10 février dernier, vers 1 heure, Laurent Orillet, néo-Bordelais de 35 ans, a entendu toquer à sa porte. « En ouvrant, je me suis pris un gros souffle de fumée noire dans la tête, j’ai compris direct », témoigne le jeune père. Un incendie vraisemblablement d’origine accidentelle et dû à une cigarette mal éteinte s’est en fait déclaré dans un appartement situé au bout de son couloir dans l’immeuble Chantalou, 44 rue Eugène-Jacquet à Bordeaux. Mercredi, l’occupant de 51 ans était toujours dans le coma. 

« J’ai levé les enfants en urgence et on est descendus dans la cour », poursuit le trentenaire, au RSA. De là, ils assistent à l’intervention des secours. Laurent Orillet n’attend pas la fin pour aller à l’hôpital, acceptant au passage couverture et eau de la part d’un jeune voisin. En sortant du CHU le midi, il retourne rue Eugène-Jacquet. « C’était horrible », soupire-t-il. Il jette quelques affaires dans un sac et tourne le dos aux murs noircis de fumée, à l’odeur âcre persistante. Sans les deux chats des enfants, portés disparus (2). 

"J’ai tout perdu" 

« J’ai tout perdu », réalise-t-il. « Tous les souvenirs, tout est noirci tout empeste. » Les mains en plâtre de ses enfants à la naissance, les photos, les vêtements… « Cela me fait mal au cœur. Comme quelque chose qui s’écroule devant moi. Plus rien. » 

La mairie n’a pas pris d’arrêté de péril, mais le syndic (1) a fait poser une porte qui barre l’accès aux étages."...

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