Une première forme d'égalité des soins, toutefois Gironde Vigilante regrette que les secours dits "d'urgence" mettent parfois plus de 45 minutes avant d'arriver auprès de la victime et que les sapeurs-pompiers soient souvent obligés d'attendre plus d'une heure au service des urgences avant la prise en charge de la personne car, plus on tarde et plus les séquelles seront conséquentes.

Sud-Ouest du 4 février 2018 

Santé : dans la région, l’AVC est soigné à distance grâce à la télémédecine

dans la région

Le docteur François Rouanet en direct, depuis son service du CHU de Bordeaux. PHOTO THIERRY DAVID/"SO" 

"Désormais, toute la région bénéficie d’un neurologue nuit et jour, pour traiter l’AVC en urgence

Le patient est allongé dans une salle de consultation à plus de 50 kilomètres de là. Sur un écran, on peut l’observer. Une caméra va s’approcher de son visage, scruter son œil, contrôler la dilatation de la pupille. À côté, sur un autre écran, le médecin observe l’IRM de son cerveau. On voit bien la zone touchée par l’accident vasculaire cérébral (AVC). Le docteur François Rouanet, neurologue, chef du Pôle neurosciences cliniques de l’hôpital Pellegrin (CHU de Bordeaux), manipule un joystick pour dessiner sur l’écran la partie du cerveau endommagée."...I

"C’est une première forme d’égalité d’accès au soin"

Il s’agit d’une consultation de télé-expertise entre le docteur Rouanet, à Bordeaux, et un médecin urgentiste, à l’hôpital d’Arcachon. À la demande du praticien bordelais, l’urgentiste teste la sensibilité de son patient. L’examen précis, à distance, permet aux deux médecins de prendre une décision thérapeutique rapide. « C’est moi, le neurologue, qui valide l’indication pour le traitement et j’envoie l’ordonnance par voie électronique sur le réseau. Dans la foulée, le patient peut bénéficier du médicament, commente le docteur Rouanet. Cette pratique est formidable, elle donne accès au traitement thrombolytique sur tout le territoire de la Nouvelle-Aquitaine. C’est une première forme d’égalité d’accès au soin. » 

« Il faut aller très vite » 

Toute la Nouvelle-Aquitaine est donc désormais raccordée à TéléA, une plate-forme régionale de télémédecine, qui facilite la prise en charge de l’AVC."...

..."« En Nouvelle-Aquitaine, il y a deux personnes qui font un AVC chaque heure, reprend le docteur Rouanet. On dispose de traitements efficaces, mais il faut aller très vite. On a six heures pour déboucher une artère, avec un traitement médicamenteux."...

..."C’est formidable pour ceux qui vivent dans l’agglomération bordelaise, mais si le patient est à Langon, il n’a pas de neurologue. Il doit être conduit à Bordeaux, en ambulance ou en hélicoptère. Avec la télémedecine, on se met en lien avec l’urgentiste, le patient et on peut déjà agir. »"...

..."une fois que le patient a été traité dans l’urgence, via une thrombolyse, il peut être acheminé vers le CHU, par exemple, lequel prend en charge les malades de Blaye, Lesparre, Arcachon et Langon, le jour… et aussi la nuit. « La nuit, parce que ces hôpitaux n’ont pas de neurologue passé minuit, reprend le docteur Rouanet."...

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