Gironde Vigilante est heureuse de constater que le budget du Sdis est maintenu. Les communautés de communes et donc les communes verront toutefois leur participation à sa subvention réévaluée sur leur population de 2017, donc dans la majorité des cas, augmenter.

Le manque de moyens, dû à la désertification médicale de nos zones rurales, contraint les Sdis à assurer des manquements en matière médicale et augmente leur sollicitation. C'est tout un système de santé qui devrait être revu et met la santé des citoyens en danger, mais les citoyens n'en sont pas responsables. Quand ils appellent le Centre 15, c'est qu'il n'a pas d'autre solution (pas de médecin de garde).

Dans cet article il est bien précisé : "On va chercher de plus en plus de volontaires, mais avec eux, le délai de secours est plus long, car on doit attendre qu’ils arrivent de chez eux."

Comme le dit si bien Jean-Pierre Darmuzey : « Cela devient vraiment compliqué. Il va falloir que cela bouge parce que la population ne peut pas attendre.»

Gironde Vigilante se permet d'ajouter d'ailleurs à ces propos : "La population est en danger"

Sud-Ouest du 18 janvier 2018 

117 000 sorties en 2017, les pompiers en surchauffe 

SECOURS La population qui ne cesse d’augmenter impose aux pompiers des cadences infernales. Parallèlement, les finances du Sdis ont du mal à suivre 

117 000 interventions par les pompiers

Il y a le feu chez les pompiers. Jeu de mot facile, mais il traduit assez bien la réalité. Dans un département dont la population ne cesse d’augmenter, les pompiers sont sur la corde raide. Ils ont assuré plus de 117 000 interventions en 2017, un record. Parallèlement, les moyens ont du mal à suivre. Le Sdis (1) dépend d’un mode de financement dépassé (lire ci-dessous) et contesté. Malgré un budget de 170 millions d’euros et 1 900 pompiers professionnels (et plus de 3000 bénévoles), les soldats du feu sont sur-sollicités en permanence

Obligés de sortir sans calculer 

« Les services de secours comme la police, la gendarmerie ou le Samu, qui sont eux-mêmes débordés, renvoient tout sur nous, qui sommes obligés de sortir sans calculer. Dans les hôpitaux, on attend parfois une heure et demie aux urgences. Les pompiers ne sont pas prioritaires. L’attente est telle qu’on est obligé d’envoyer un officier pour négocier avec l’hôpital! Parfois, il manque un brancard aux urgences, on ne peut pas descendre le blessé. Le Samu nous envoie aussi sur des “carences”, du transport en ambulance censé être assuré par une compagnie privée, mais qui sont parfois indisponibles. On “engage” (décision de sortir, NDLR) sans savoir sur quoi on va, simplement parce que le Samu ne répond pas au téléphone. Mais nous, on n’est pas médecins! Les pompiers font de plus en plus de bobologie, ils sont à bout », raconte un pompier professionnel de Bordeaux, qui veut garder l’anonymat. Publié en novembre 2017, un rapport du Sénat confirmait l’explosion du secours à la personne (+55%), «qui tend à devenir le premier métier des pompiers et donne lieu à une sur-sollicitation des Sdis pour des opérations hors urgence ou détresse». Les pompiers en ont assez. Formule lancée récemment: «En 2018, les chats resteront dans les arbres.» 

«On n’y arrive plus!» 

La CGT Sdis 33 dénonce la «suractivité permanente dans les casernes ». Secrétaire général de SUD, Jean-Pierre Darmuzey résume : «On n’y arrive plus ! La formation, qui est assurée pendant les temps de garde dans les casernes, est souvent écourtée parce qu’il faut sortir. La démographie explose, dix habitants de plus, c’est une intervention de plus. On va chercher de plus en plus de volontaires, mais avec eux, le délai de secours est plus long, car on doit attendre qu’ils arrivent de chez eux.» 

Classé en catégorie A parmi les 15 plus gros Sdis de France, celui de la Gironde cumule tous les risques: un département couvert de forêt, une centrale nucléaire, une aire urbaine de Bordeaux proche du million d’habitants, des secteurs Seveso, de grands événements à couvrir… Les pompiers se démultiplient, «mais on commence à fatiguer», dit l’un d’eux. Vice-président du Conseil départemental (autorité de tutelle du Sdis) chargé des finances, Jean-Marie Darmian fait l’addition: la sécurité durant l’Euro 2016 de football a coûté 450 000 euros au Sdis, l’incendie de Cissac, 1,5 million d’euros, les deux bateaux armés pour suivre la croissance du tourisme fluvial sur la Garonne, 3 millions d’euros, la grande nacelle capable d’enjamber les immeubles du nouveau quartier des Bassins à flot, à Bordeaux, 1 million d’euros pièce… Un petit bijou stationné dans une caserne de Bruges passée de 4 000 à 10 000 sorties par an en quelques années. « Cela devient vraiment compliqué, poursuit Jean-Pierre Darmuzey. Il va falloir que cela bouge parce que la population ne peut pas attendre.» Cela semble bouger. À peine nommé en Gironde, le nouveau préfet Didier Lallement vient de former un groupe de travail pour remettre à plat le financement du Sdis. C’est la clé du problème. 

(1) Service départemental d’incendie et de secours

2018 01 18 SO Budget Le SDIS cherche 11 millions et demi