Sud-Ouest du 21 janvier 2018 

Tempête Klaus il y a 9 ans : un désastre, pour l’heure, isolé

Klaus

La tempête Klaus avait abattu les pins comme des quilles dans les Landes, le 24 janvier 2009. ARCHIVES AFP 

"Il y a neuf ans, Klaus dévastait le massif forestier landais. Rien n’indique que la tempête de 2009 en annonçait d’autres 

À force d’être répétée en boucle, l’idée est maintenant solidement ancrée dans l’inconscient collectif : dans le sillage du réchauffement climatique, les tempêtes sont et seront plus fréquentes et plus puissantes. Aussi enracinée soit elle, elle est fausse. Ce constat scientifique a été (ré) affirmé samedi dans un cadre parfaitement adapté au sujet. Celui d’un colloque organisé au cœur du massif forestier, presque neuf ans, jour pour jour, après la tempête Klaus qui avait abattu les pins comme des quilles le 24 janvier 2009.

..."Deux tempêtes dévastatrices 

« L’Aquitaine a souffert de deux tempêtes dévastatrices. Martin en décembre 1999, et Klaus en janvier 2009. Il n’y a pas d’indices clairs pouvant rattacher ces tempêtes à des manifestations du réchauffement de la planète », était-il écrit. Dans le droit fil des conclusions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les auteurs évoquaient plutôt l’hypothèse de vents hivernaux moins violents dans un futur plus chaud.

"Sur 202 000 hectares de pins à terre en 2009, 198 000 abritent maintenant de nouveaux peuplements"

Il n’y a pas d’augmentation du risque de vent fort malgré ces deux tempêtes que nous avons connues », a confirmé hier Antoine Kremer, chercheur à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), en avant-première du nouveau rapport qui devrait voir le jour avant l’été."...

..."Une nouvelle culture du risque 

Si on ne fera pas endosser au réchauffement climatique la responsabilité des tempêtes hivernales, elles ont néanmoins milité pour une prise de conscience des risques qui pèsent sur le pin des Landes. Et ces risques sont, eux, bel et bien corrélés au réchauffement qui fait déjà sentir ses effets.

Qu’il s’agisse d’un allongement de la saison des feux de forêt, de la multiplication des épisodes de canicule et de sécheresse estivale ou des possibles invasions de ravageurs décrites par Hervé Jactel, lui aussi chercheur à l’Inra, les soucis ne devraient pas manquer dans les décennies à venir. 

Mais, jusqu’en 2050 au moins, le réchauffement ne va pas oblitérer l’avenir du pin maritime dans la région. La hausse des températures moyennes et de la concentration du carbone dans l’atmosphère pourrait même lui garantir une croissance plus rapide. Si du moins la ressource en eau ne se tarit pas.

2018_01_21_SO_Tempête_Klaus_il_y_a_9_ans_un_désastre_pour_l'heure_isolé