Sud-Ouest du 15 janvier 2018 

Libourne : « L’intérêt du médecin est lié à celui du malade »

libourne médecin

Le docteur Jacques-Michel Lacroix vient de faire paraître un nouvel essai intitulé « La médecine formatée. » PHOTO STÉPHANE KLEIN

"Jacques-Michel Lacroix, ex-président de SOS médecins et cofondateur du centre Adeclim à Libourne, sort un nouvel ouvrage dans lequel il rappelle l’importance de l’humain."... 

..."Ancien président de l’Union nationale des SOS médecins, il affiche ainsi une bonne trentaine d’années de médecine générale derrière lui et fut, notamment, à l’origine de la création du centre de soins d’urgence Adeclim, à Libourne. Il a donné aussi dans les gardes au Samu, fut représentant du Conseil de l’ordre de Gironde ou en charge du suivi de santé des pompiers plongeurs de Gironde. On en oublie."...

..."Intelligence artificielle, big data, informatisation, robotique : la médecine telle qu’on la pratique encore aujourd’hui est-elle menacée ? « Le risque c’est de voir se modifier la relation entre le médecin et le malade, de perdre une complicité, estime le docteur Lacroix. Cette relation risque de devenir formatée pour répondre à des critères économiques. » 

Il cite notamment en exemple la prime de « rémunération sur objectifs de santé publique » (Rsop), récompensant les médecins mettant en place les démarches thérapeutiques souhaitées par l’État. « Le médecin doit être là pour développer une thérapeutique mais il faut l’adapter à la personne en face de lui, dit-il. Il y a toujours 10 ou 20% des gens qui ne répondent pas aux critères d’ensemble. Qu’en fait-on ? » 

Il s’élève contre ces plateformes téléphoniques ou informatiques délivrant des diagnostics, de cette médecine pratiquée de loin, désincarnée. « On s’adresse à de l’humain, reprend-il. En médecine, 2 et 2 ne font pas 4. Le 4 n’est qu’une valeur statistique. Au réel, ça fait 3,98 ou 4,02. Il faut s’adapter à chaque personne, prendre en compte le psychisme du patient. Pour l’instant, les machines ne savent pas faire. »"...

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