Sud-Ouest du 12 novembre 2017 

Sécheresse : va-t-il falloir faire la danse de la pluie ?

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Sur les dix premiers mois de l'année, le cumul de précipitations est déficitaire de près de 20 % sur l'hexagone. Il a même dépassé 50 % en avril et octobre AFP

Après un week-end maussade, les prévisions à quinze jours promettent peu de précipitations sur la région. Le déficit est sensible et dure depuis le début de l’année 

Sur la carte météo des prochains jours dominent de jolis pictogrammes ensoleillés. Sauf révision du programme, ils seront vierges de précipitations dans la région. Si le ciel du week-end s’est avéré aussi maussade que le tableau d’affichage du Stade de France samedi soir, ces pluies intermittentes de novembre ne vont pas rattraper une année très sèche. Tour d’horizon. 

1 Au plan national, un millésime qui rappelle 2003 

Selon le bilan provisoire publié il y a quelques jours par Météo France, l’année 2017 ressemble fortement à sa devancière de 2003, tristement célèbre pour sa terrible canicule estivale : le millésime est remarquablement chaud et sec. 

De janvier à octobre, les températures mensuelles ont été supérieures aux normales (calculées sur la période 1981–2010) huit mois sur dix. Seuls janvier et septembre ont fait exception. Les mois de février, mars et juin ont été marqués par des températures supérieures de 2 °C aux normales. 

Jusqu’à la fin octobre, la température moyenne a ainsi dépassé la normale de 1°C environ. Météo France estime que le millésime pourrait figurer parmi les cinq années les plus chaudes en France métropolitaine. Ce qui est raccord avec la tendance planétaire puisque l’Organisation météorologique mondiale (OMM), considère que 2017 devrait postuler au trio de tête des années les plus chaudes depuis le début des relevés.

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La situation est préoccupante en Corse, comme ici à Bocognano où la rivière Gravona est à sec. L’île de beauté et le Sud-Est enregistrent un déficit de pluie proche des records. CRÉDIT PHOTO : AFP

À l’inverse, le cumul de précipitations est déficitaire de près de 20 % sur la même période. Il a même dépassé 50 % en avril et octobre. Seuls février, mars et juin ont bénéficié de pluies légèrement excédentaires. 

Depuis avril, la situation est préoccupante sur le Sud-Est de la France et la Corse qui présentent un déficit proche des records. Celui-ci, associé à des températures élevées, est responsable sur ces régions d’une sécheresse des sols superficiels exceptionnelle. Et d’une saison des feux de forêt étirée sur l’automne. 

2 La même tendance relevée dans le Sud-Ouest 

Sur les dix premiers mois, la direction interrégionale de Météo France à Mérignac (Gironde) confirme que le Sud-Ouest n’est pas resté à l’écart du coup de chaud. « 2017 se caractérise par des températures très élevées et des précipitations déficitaires, ce qui en fait, à l’instar de 2003 et 2011, une des années les plus chaudes et sèches sur la période 1959 – 2017 », écrit-elle dans un bilan arrêté au 2 novembre.

Au début du mois, le débit de la Charente était de 10 mètres cubes par seconde, deux fois moins qu’en temps normal

En Nouvelle-Aquitaine, les températures mensuelles ont été supérieures aux normales, excepté en janvier et septembre. Les mois de février, mai et juin ont été particulièrement chauds, avec des températures plus hautes de 2°C par rapport aux normales. Le printemps 2017 se situe au quatrième rang des printemps les plus chauds (après 2011, 1997 et 2003) et l’été au troisième rang (après 2015 et 2003). « Sur les dix premiers mois, la température moyenne de la zone climatique Sud-Ouest dépasse la normale de 0,9°C », indique Météo France. Cette tendance s’est renforcée le mois dernier où la température, souvent digne d’une fin d’été, a été plus forte de 1,4°C que la normale.

Le déficit pluviométrique s’est aggravé, atteignant 50 % le mois dernier comme en janvier et en avril. À Bordeaux, il n’y a eu que quatre jours de pluie en octobre pour un total famélique de 13 mm. La Rochelle a été à peine plus humide avec 18 mm. La normale mensuelle dans les deux villes est de 93 mm.

Sur les dix premiers mois de l’année, le total des précipitations dans le Sud-Ouest est déficitaire de 10 % à 20 %. L’ensoleillement y a été localement généreux, comme au Cap-Ferret en Gironde où le record du mois d’octobre est tombé (214 heures de soleil). 

3 Peu de conséquences jusqu’à maintenant, mais…

..."Au plan national comme à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, il faudrait que la fin de l’automne et que l’hiver soient très pluvieux, n’en déplaise aux amateurs de terrasses ensoleillées. Jusqu’en mars s’étale la saison de la recharge des nappes souterraines, quand la végétation en sommeil ne capte plus les pluies. S’il pleut toujours aussi peu jusqu’au printemps, le robinet ne laissera plus passer qu’un filet d’eau quand tout le monde en aura cruellement besoin.

Des vignes bientôt irriguées ?"...

..."Nappes phréatiques 

Le niveau des nappes phréatiques dans la région a fait l’objet d’un point au 1er novembre. Selon le bulletin de situation hydrologique des nappes du bassin Adour-Garonne, « 73 % des points de suivi présentent des niveaux inférieurs à la moyenne, une situation aggravée par rapport à celle du mois d’août. De plus, 40 % des points de suivi présentent des niveaux bas à très bas, une situation presque aussi critique qu’aux mois de mai et juin », indiquent les spécialistes."...

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