Sud-Ouest du 31 octobre 2017 

Forage d’eau de Bordeaux Métropole : en Médoc, Vive la forêt attend des réponses

forage d'eau

Avec le changement climatique, VLF s’inquiète des effets que pourraient avoir les forages. PHOTO J. L. 

L‘association de défense du massif forestier regrette le manque de concertation de Bordeaux Métropole sur le projet de forage d’eau potable. 

Dans notre édition du 18 octobre, Anne-Lise Jacquet, la vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge de l’eau et de l’assainissement, avait fait un point sur le dossier du champ captant en Médoc. Il s’agit d’un projet de forages sur les communes du Temple et de Saumos permettant d’alimenter en eau potable une partie de la Gironde (lire encadré). Alors que les sylviculteurs du Sud Médoc s’inquiètent des conséquences que pourraient avoir ces forages sur l’état de la nappe superficielle qui alimente la forêt, l’élue s’était voulue rassurante en déclarant « qu’il n’était pas question pour Bordeaux Métropole de passer en force sur ce dossier ». 

Mais Anne-Lise Jacquet avait aussi confirmé que le seul projet bien engagé aujourd’hui était celui du champ captant des Landes du Médoc. Vive la Forêt (VLF), association de défense du littoral et du massif forestier girondin, vient de répliquer. Patrick Point, le président de VLF s’interroge sur la réelle volonté de Bordeaux Métropole de concerter. Il argumente. 

« C’est le silence radio » 

« L’association Vive la Forêt a participé activement aux groupes de travail et aux réunions des Commissions locales de l’eau concernées par le projet. Nous observons que la dernière rencontre remonte au 28 juin 2016. Depuis, c’est le silence radio. La concertation s’est interrompue sur une série de questions qui n’avaient pas de réponses », relaie le président. Et de poursuivre : « Si l’on en croit les déclarations du président de la Commission locale de l’eau pour les nappes souterraines de Gironde, la concertation est arrivée à son terme. » « Va-t-on une nouvelle fois s’en tenir à une concertation de pure forme qui ignore les remarques et propositions car il ne faut pas retarder ou infléchir le projet déjà sur les rails ? », insiste Patrick Point.

Un volume important 

Tout en soulignant que « le vote d’un budget spécifique et les tentatives de transaction directes avec les propriétaires de parcelles ne sont que les manifestations d’un engagement irrévocable d’un projet qui est passé de 5 millions de m3/an à 10 et maintenant 12 millions », VLF pose cette réflexion : « Quelles marges d’incertitude affectent les résultats de modélisation et quelle est l’acceptabilité en la matière ? Des chiffres de rabattement de nappe de surface, issus de simulations, sont livrés sans intervalles de confiance. Ils sont, en l’état, inutilisables pour une appréciation convenable des impacts sur la sylviculture et sur les milieux aquatiques ». Parmi d’autres interrogations et réflexions lancées par l’association, le président de VLF dit vouloir obtenir des réponses « précises » qui sont nécessaires pour « alimenter une concertation honnête, sérieuse et constructive ». 

Dans cet exercice de concertation, Patrick Point estime que « l’on est loin du compte ». Au mois d’octobre, Anne-Lise Jacquet avait annoncé que, début décembre, une réunion entre les différentes Commissions locales de l’eau allait avoir lieu. L’occasion d’une présentation par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) des dernières études approfondies sur l’impact que pourrait avoir le champ captant sur la forêt. La réunion de décembre s’annonce cruciale pour la suite du dossier qui sera soumis à enquête publique.

2017 10 31 SO Bordeaux métropole a besoin d'eau