Sud-Ouest du 28 octobre 2017 

Hors-saison : les baignades non surveillées 

hors saison

Les cas de noyades et autres incidents dans l’océan se sont additionnés cette fin de semaine sur le littoral atlantique. ARCHIVES JULIEN LESTAGE 

Une pétition a été lancée vendredi pour demander la surveillance des plages du littoral pendant les vacances scolaires. Le hors-saison est une période parfois risquée pour la baignade

Un jeune de 20 ans toujours porté disparu au large de la plage centrale de Vieux-Boucou après avoir secouru un nageur en détresse. Trois touristes pris par les courants, jeudi, à Biarritz. Un adolescent repêché et ramené sur la rive, jeudi, par des surfeurs à Lacanau. Les cas de noyades et autres incidents dans l’océan se sont additionnés cette fin de semaine sur le littoral atlantique. 

Ciel bleu, températures estivales, eau à 19 degrés, vacances scolaires : pour les touristes et autochtones, c’est une véritable invitation à la baignade. Mais hors saison, les plages ne sont pas surveillées et quand la baignade n’est pas tout simplement interdite par un arrêté municipal, elle se fait « aux risques et périls » de ceux qui s’avancent dans l’eau. Or la fougue océane peut se révéler un piège mortel.

Prudence et bon sens 

« La mer est dangereuse et ne pardonne pas », sait Jean-Philippe, habitué des plages de Miramar et de la Milady à Biarritz. Il préfère parler de prudence et de bon sens avant de parler de surveillance systématique. « C’est comme pour une randonnée en montagne. On regarde la météo. Là, il faut bien observer l’océan avant de se jeter à l’eau, surtout quand on ne connaît pas. Face à des vagues très hautes, qui éclatent au large, mieux vaut rester là où on a pied ». 

« Il y a un petit pourcentage de la population qui ne fait pas attention et se met en difficulté en pensant que l’océan est un formidable terrain de jeu alors que c’est dangereux », déplore Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau. L’élu avoue : « quand on voit ces conditions climatiques et cette affluence, c’est une inquiétude. On n’est pas à l’abri d’une noyade. Le hors saison est une période sensible ». Dans sa commune, la baignade est surveillée six mois dans l’année. « Nous ne surveillons pas que nos habitants, mais aussi les touristes alors que c’est la commune qui règle la facture », souligne-t-il en en appelant aux « collectivités supérieures ». 

Comme ailleurs sur le littoral aquitain, il peut compter sur les surfeurs et le club de sauvetage côtier. « Ils pratiquent dans l’eau avec toujours un œil sur l’Océan ». 

« Mais ce n’est pas leur rôle », rappelle Jean-Charles, Landais qui a lancé une pétition en ligne pour « la surveillance des plages de la côte atlantique pendant les vacances scolaires ». « Les communes dites touristiques, dont l’océan est le principal gagne-pain se doivent de proposer aux touristes une alternative pendant les vacances scolaires hors juillet-août ». Et pas question pour lui de se satisfaire de « panneaux dangers qui laissent le touriste dans un désert sécuritaire ». 

« La surveillance n’est pas une situation normale », souligne Christian Mondon, chargé de mission au syndicat mixte de gestion des baignades landaises. « Elle s’impose par une fréquentation importante et régulière qui elle-même dépend à 150 % de la météo. C’est dire le casse-tête. Et si vous surveillez à un endroit, il faut surveiller partout ». 

Mi-octobre, en raison des conditions météo estivales, des dispositifs mobiles de surveillance ou de veille océane ont été mis en place à Biarritz, Bayonne et Anglet. « On travaille sur la modernisation de la surveillance », explique Laurent Peyrondet qui mise aussi sur les messages de prévention. Rodée cet été, l’utilisation d’un drone a convaincu. Un bulletin d’alerte sur le risque noyade sur le principe de celui du risque avalanche en montagne a été expérimenté l’été dernier au Porge. « Pour les idées tout le monde est d’accord, mais dès qu’on parle financement c’est une autre histoire ».