Le cas ci-dessous reflète bien ce que Gironde Vigilante dénonce depuis des années suite à la mise en application de la loi de départementalisation : le manque d'effectif de sapeurs-pompiers professionnelles, des casernes de proximité vides la nuit les week-ends et les jours fériés avec des gardes assurées en majorité par des sapeurs-pompiers volontaires d'astreinte à leur domicile, les départs en cascade quand la caserne la plus proche ne dispose pas d'effectif suffisant pour assurer un départ immédiat et enfin et surtout l'augmentation des délais d'intervention. 

Monsieur Benoît Bartherotte a mis l'accent sur ce qui se passe en zone rurale et nous encourageons tous les sinistrés à faire de même. En remontant ces informations et surtout les délais d'intervention à la Préfecture, nous pourrons prouver les dysfonctionnements d'un système que personne ne remet en cause et qui aux yeux des autorités compétentes fonctionne bien.

Comment trois quarts d'heure de délais d'intervention peuvent-ils être jugés raisonnables ?

Fait encore plus inquiétant : Comment un Maire peut-il ignorer ce qui se passe dans sa commune alors que sa responsabilité peut être engagée concernant la sécurité de ses administrés ?

Il n'y a pas de petits incidents sans gravité, des personnes auraient pu être en danger.

Les réflexions sont à mener avant un drame et pas après

Sud-Ouest du 22 août 2017 

Cap Ferret : les moyens de la caserne des pompiers sont-ils suffisants ?

caserne du Ferret

L’annexe de la caserne au Cap-Ferret dimanche.  Y. D. 

Le point sur la disponibilité du centre de secours après l’incendie d’une cabane de Benoît Bartherotte le 18 août 

Vendredi dernier à 7 heures, un incendie se déclare dans un petit abri situé sur la propriété de l’homme d’affaires Benoît Bartherotte à la pointe du Cap Ferret. L’incendie est circonscrit en grande partie par des moyens personnels avant que les pompiers n’arrivent, trois quarts d’heure environ après l’alerte pour sécuriser professionnellement l’endroit. 

Les secours sont pourtant partis de la manière la plus prompte : appel reçu à 7 h 11, et départ du premier véhicule à 7 h 18. Souci : ce départ s’est fait de la caserne de Lège au début de la presqu’île, à plus de 25 km. Dans une lettre adressée au préfet, Benoît Bartherotte regrette que des pompiers n’aient pas été disponibles à la caserne du Cap-Ferret, distante de 3 km seulement de la pointe.

Pourquoi ce poste avancé n’était-il pas opérationnel ce matin-là, à cette heure-là avec des moyens peut-être modestes mais de nature à empêcher la propagation de cette zone hautement sensible en attendant les renforts (engin urbain et unité feu de forêt de Lège, porteur d’eau d’Andernos) ? « La caserne du Cap-Ferret est dotée chaque jour en été d’un effectif de deux sapeurs-pompiers professionnels détachés de 8 à 19 heures (toute l’année d’ailleurs), rejoints par quatre saisonniers sapeurs-pompiers volontaires à partir de 9 heures », explique le commandant Castel au service communication du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Une 7e personne est présente l’après-midi. » Et d’expliquer qu’à l’heure du sinistre, l’annexe se trouve entre la fin de l’astreinte de nuit et l’arrivée de la permanence de jour. 

Un manque de moyens 

« Nous manquons de sapeurs-pompiers volontaires sur le Cap-Ferret pour assurer un effectif suffisant », poursuit le commandant Castel. « Toutes les personnes désireuses de se former sont les bienvenues. Ce manque provient également des difficultés de logement dans le secteur. » Sous-entendu : si les riches propriétaires de la Pointe et alentours veulent s’investir ou héberger des volontaires… 

Du côté de la mairie, l’étonnement : « Je pensais qu’en été, l’annexe de la caserne de Lège au Ferret fonctionnait 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 », déclare le maire Michel Sammarcelli. « Au-delà du petit incident resté sans gravité, une réflexion est à mener. » 

Le Conseil départemental, tutelle du Sdis, et la Ville de Lège-Cap-Ferret ont le projet d’aménager une nouvelle caserne du Cap-Ferret à l’entrée du village côté océan. Reste à savoir si cette nouvelle annexe sera dotée d’effectifs et de matériel à la hauteur. En arrière-plan, c’est bien la baisse régulière des moyens du Sdis qui semble en question.