Sud-Ouest du 15 août 2017 

À Biscarrosse, le drone de sauvetage en mer "Helper" est un précurseur

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Le drone Helper, ici piloté par Geaoffrey Le Mantec à Biscarrosse. Largement soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, il devrait voler sur de nombreuses plages du littoral l’été prochain. V. D.

L’appareil d’aide au sauvetage en mer Helper développé dans les Landes, chaque jour en alerte sur les plages, devrait vite faire des petits 

Des plages océanes de Biscarrosse aux plateformes pétrolières offshore, au large de l’Angola, le drone de sauvetage Helper continue cet été d’impressionner. Avec une vitesse de vol de 70 à 80 km/h et des temps records relevés à moins d’une minute entre son décollage du poste de secours Nord et le largage d’une bouée à la personne repérée en danger, l’appareil développé dans les Landes fait particulièrement ses preuves en cas de forte houle. 

Pour mieux le prouver, Helper et le Samu 40 mènent tout au long de cet été un très sérieux " protocole d’exercices". Victime à 50 mètres, 100 mètres, 150 mètres, voire 300 mètres… Helper décolle aussi vite que les sauveteurs MNS se jettent à l’eau. Derrière les chronomètres et un écran vidéo qui permet de suivre l’évolution du drone, stylo en main, le Dr Célia Seguin note avec précision chaque temps et détails des interventions. 

L’intérêt de la médecine 

L’assistance aérienne et les quelques secondes possibles d’économiser, avec l’espoir de sauver des vies est « prise très au sérieux sur le plan médical », confirme-t-elle. Venue mercredi dernier de Mont-de-Marsan et associée dans cette étude au Dr Romain Blondet, également Montois, la jeune femme évoque un intérêt particulier du professeur urgentiste Pierre Michelet, à Marseille. 

"Dès qu’on s’éloigne, il surpasse tout, même les jet-ski"

Bilan à mi parcours : "Pour des victimes proches du bord, il n’y a pas vraiment d’avantage sur des nageurs de pointe. Mais dès qu’on s’éloigne, il surpasse tout, même les jet-ski. C’est particulièrement vrai lorsque la houle est formée », révèle le pilote du jour, Geoffrey Le Mentec. L’expérience fera l’objet d’un mémoire puis de publications dans des revues spécialisées. Tout bon pour Helper. 

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Démonstration de drone pour sauvetage en mer Anthony Gavend de la société Helper drone au poste de secours de la plage sud de Lacanau  CRÉDIT PHOTO : PETIT CLAUDE 

Depuis quelques jours à Lacanau, en Gironde, et malheureusement absent de Messanges, où il n’a pu déployer ses rotors faute de sauveteurs formés et habilités au pilotage, le drone landais a déjà volé en soutien des MNS biscarrossais à plusieurs reprises. Ses concepteurs et promoteurs sont chaque jour plus sûrs de ses qualités. La municipalité applaudit. Et, sauf entrave de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), le modèle rose qui plaît tant pourrait faire des petits un peu partout, et pas qu’au-dessus des eaux. 

Version réduite et ambulance 

Aujourd’hui, il faut compter environ 6000 euros pour s’offrir un tel engin 

Tout est prêt. Ou presque. Cette nouvelle saison de veille aérienne permettra simplement à l’équipe d’« apporter quelques modifications techniques avant industrialisation », explique le spécialiste de la machine, Anthony Gavend. Plusieurs machines sont prévues, pour le sauvetage en mer ou sur les sites industriels offshore (encore plus précis), mais aussi les drones dit « ambulance ». Helper s’appuie pour ça sur le laboratoire suisse Schiller, qui a spécialement développé « un défibrilateur transportable d’environ 600 grammes ». "Avec cette technologie, on pourrait vraiment permettre aux témoins d’accidents de devenir acteurs de la chaîne de secours", croit très fort l’entreprise emmenée par le médecin urgentiste, Fabien Farge. Premiers essais annoncés dès la fin de cette année. 

Pour les plages, un tout nouveau « Helper » devrait également apparaître un peu partout l’été prochain. Une version réduite, « moins impressionnante et surtout moins coûteuse pour les municipalités intéressées », développe Anthony Gavend. Cette solution ne comprendra pas forcément de bouée, mais elle servira de balise visuelle, pour les MNS traditionnels. 

Aujourd’hui, il faut compter environ 6000 euros pour s’offrir un tel engin et les sauveteurs-pilotes habilités à le faire voler, hors coût de formation.