Sud-Ouest du 19 juin 2017 par Robert Boivinet 

Quelles solutions pour limiter les incendies ?

quelles solutions 

Après Cissac, en avril, les forestiers s’inquiètent de voir le Médoc régulièrement sinistré par les feux de forêt. 

Une centaine d’adhérents étaient venus de tout le Médoc, jeudi soir, à l’invitation du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SSSO). Le président, Bruno Lafon, était entouré du secrétaire général Christian Pinaudeau, du secrétaire général adjoint Éric Dumontet, du conseiller fiscal et juridique Guillaume Rielland et du local de l’étape, Jean-Jacques Héraud, membre du bureau. 

Dans l’assistance, également, les maires de Hourtin et Ludon-Médoc, Jean-Marc Signoret et Benoît Simian, des élus, dont la députée Pascale Got, le président de Vive la Forêt, Patrick Point… 

Trop d’incendies 

Cette réunion faisait suite à l’incendie de Cissac qui a ravagé, en avril dernier, plus de 1 100 hectares. Les sylviculteurs relèvent que le Médoc est particulièrement sujet aux feux. Pour mémoire, 3 700 hectares entre Le Porge et Lacanau en 1989, 6 000 hectares entre Saint-Aubin et Carcans en 1990, 1 500 hectares entre Carcans et Hourtin en 2002, 800 hectares à Saint-Aubin en 2003, 650 hectaresà Lacanau en 2012, pour ne citer que les plus importants. 

« Tout a-t-il été fait pour empêcher le feu de franchir la départementale 1 215 en avril » ? « Merci aux grandes exploitations de maïs, sinon le feu n’était arrêté que par le lac ! ». Des réflexions qui traduisent l’exaspération d’une corporation également touchée par les tempêtes et qui vient d’apprendre que 2017 est la dernière année pour bénéficier d’aides au nettoyage et à la replantation des parcelles atteintes (plan chablis). 

Éric Dumontet rappelle que « le SSSO est plus que jamais mobilisé autour des propriétaires forestiers et fonde des espoirs sur des négociations avec le ministère de l’Agriculture pour un projet de fonds alimenté par l’État ». Mais il incite également, comme il l’a déjà fait, les sylviculteurs à s’orienter aussi vers l’assurance privée, fondamentale, avant l’aide publique. 

L’eau de la Métropole

Autre sujet, le projet des champs captants entre Saumos, Le Temple, Sainte-Hélène, pour l’alimentation en eau potable, par aqueduc, de Bordeaux-Métropole. Un prélèvement annuel de 10 à 12 millions de mètres cubes provoquerait un abaissement de la nappe de 25 centimètres à 1 mètre et constituerait une menace pour les pins, ainsi qu’un assèchement des zones humides et une aggravation des risques incendies. Le SSSO pointe « le « silence de Bordeaux Métropole qui paraît minorer les risques ». Pour Benoît Simian, on a « le droit à la transparence » et le devoir « de réclamer éventuellement des compensations ». La salle est quasi unanime pour inciter le Syndicat à « alerter les autorités » et à demander « la modification du projet », Jean-Jacques Héraud réclame « un soutien plus fort des élus médocains ».

2017 06 19 Les cervidés dans le collimateur