2017 06 17 SO Surveiller les plages plus tôt

Sud-Ouest du 17 juin 2017 

Littoral : "Moderniser la surveillance des plages"

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Dès les beaux jours, les plages océanes du Médoc et de la presqu’île du Cap-Ferret sont prises d’assaut par les baigneurs. Cette année, elles seront surveillées du 6 juillet au 3 septembre. ARCHIVES JULIEN LESTAGE 

Laurent Peyrondet, président du syndicat intercommunal pour la surveillance des plages, réagit après les incidents qui se multiplient en ce début de saison estivale

« Sud Ouest » Ne faudrait-il pas établir un calendrier commun pour la surveillance des plages ? 

Laurent Peyrondet C’est difficile, car l’affluence n’est pas la même dans toutes les stations : les plus proches de l’agglomération bordelaise sont prises d’assaut, mais pas les plus éloignées… Nous devons surtout réfléchir à faire évoluer la surveillance des plages vers des moyens plus modernes. Je pense aux drones, déjà expérimentés l’été dernier à Biscarrosse (40). Nous devons regarder ce qui est mis en place ailleurs et qui fonctionne. 

Vous venez de prendre la tête du Sivu. Quels sont vos objectifs ? 

Aboutir à une surveillance plus efficace des plages, notamment en regroupant les postes de secours à un seul endroit et permettre une garde sur des zones de baignade plus étendues. Dans le détail, à Lacanau, cela signifierait de passer de quatre à un seul poste de secours, mais de déployer les sauveteurs nautiques sur des périmètres plus importants. Réfléchir ensemble à la façon de surveiller nos plages est une priorité. À Lacanau, par exemple, nous avons fait des tests pour dégager des postes hors saison et permettre d’avancer le calendrier.

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Laurent Peyrondet, président du Sivu. CRÉDIT PHOTO : ARCHIVES JULIEN LESTAGE

L’argument financier, avancé chaque année par les communes, est-il valable ? 

Ne nous leurrons pas : nous ne pourrons pas étendre indéfiniment les périodes de surveillance si les collectivités supérieures ne mettent pas la main à la poche."...

Les incidents ont toutefois lieu dans les petites comme dans les grandes stations… 

On ne peut pas sérieusement envisager que les petites stations aient la même surveillance que les grandes !"...

Le littoral fait pourtant l’objet d’une intense promotion touristique. N’est-ce pas paradoxal ? 

Nous avons fait un gros effort ces dernières années sur les plages les plus fréquentées en avançant la surveillance, parfois dès le mois d’avril. On sait que cet océan est dangereux et qu’il y a des accidents même quand les plages sont surveillées."...  

..."« Jusqu’au début des années 2000, la surveillance des principales plages en Gironde commençait dès le mois de juin, avec des effectifs réduits », se souvient un ancien sauveteur. La surveillance était alors assurée par les pompiers volontaires, encadrés par des professionnels du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis)."...

..."« Le dispositif était pensé à l’échelle du Département avec toute la logistique dont disposait le Sdis, et non pas au niveau des communes. Mais les pompiers ont été évincés des plages à l’été 2002 car le dispositif coûtait trop cher aux municipalités qui ont recruté des sauveteurs civils et réduit la période de surveillance à deux mois d’été. »"...

Des bénévoles sur les plages avant l’été ?

Alors que le week-end de l’Ascension avait été marqué par une alerte sur l’absence de surveillance sur la majorité des plages du littoral girondin (lire « Sud Ouest » du 30 mai), de nombreux baigneurs ont été emportés par des courants de baïne le week-end dernier. Entre vendredi et dimanche, les services de secours ont dû intervenir à dix reprises pour des noyades, de Carcans à La Teste-de-Buch en passant par Lège-Cap-Ferret et Le Porge, alors que l’océan affichait des vagues de plus de 2 mètres. 

Un mort dimanche dernier 

À la Salie, à La Teste, un homme de 70 ans, retrouvé inanimé sur le sable, est décédé malgré les tentatives de réanimation. Au Porge, Dragon 33, l’hélicoptère de la sécurité civile, a dû hélitreuiller un homme de 30 ans qui se noyait. Deux débuts de noyade également à Carcans où les MNS ont secouru un homme de 18 ans et une femme de 25 ans. 

Coup de gueule d’un surfeur 

À Lacanau, Pascal Basurko, de l’école de surf Océan Expérience, explique prendre part quotidiennement à la surveillance : « Rien que cette semaine, j’ai repêché deux personnes dans un état critique. C’est mon devoir et je suis formé au sauvetage, mais ce n’est pas mon métier et c’est stressant, voire traumatisant ! »"...

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