Sud-Ouest du 28 avril 2017 par Robert Boivinet avec Julien Lestage

La forêt toujours placée sous haute surveillance 

La forêt toujours placée sous haute surveillance

INCENDIE Les communes de Saint-Germain-d’Esteuil et d’Hourtin ont été les plus touchées par le feu survenu à Cissac. La surveillance du massif s’organise avec la DCFI et les communes 

L es pompiers ont maintenant levé leur dispositif d’intervention sur la zone de l’incendie de Cissac-Médoc. Un feu de forêt de 1100 hectares qui a aussi touché les communes de Saint-Laurent-Médoc, Saint-Germain-d’Esteuil et Hourtin. Toujours selon les pompiers, c’est la commune de Saint-Germain qui a été la plus touchée, avec plus de 680 hectares ravagés par le feu. Hier, les personnels des communes, la Défense de la forêt contre les incendies (DFCI) et des rondes organisées par les centres de secours de garde continuaient de surveiller le massif forestier. Des fumerons ont d’ailleurs dû être traités. Le vent et la sécheresse font toujours peser une menace sur la zone. 

la forêt placée sous haute surveillance

6000 hectares en avril 1990 

Les campagnes de prévention n’y suffisent pas, la Gironde et plus particulièrement le Médoc voient régulièrement leur forêt dévorée par les flammes, à cause des effets du réchauffement climatique ou des sécheresses a répétitions. Sans remonter dans la nuit des temps, et pour ne rappeler que les plus importants sinistres, souvenons-nous des 6 000 hectares dévastés en avril 1990 entre Saint-Aubin-de-Médoc et Carcans. Cette année-là, déjà, on a accusé le déficit pluviométrique exceptionnel. En avril 2002, un incendie détruisait 1 500 hectares de forêt entre Carcans et Hourtin. En août 2012, c’étaient 650 hectares de forêts qui partaient en fumée à Lacanau… et enfin jeudi dernier, 1 100 hectares sur Cissac, Saint-Laurent-Médoc, Saint-Germain-d’Esteuil et Hourtin. Et le lieutenant Jean-Pierre Armagnac, chef du Centre de secours d’Hourtin, de souligner que cette période présente en effet souvent des conditions particulièrement hostiles avec une végétation asséchée et des vents soutenus. Dans le département, d’ailleurs, «ce ne sont pas moins de 19 feux de diverses intensités qui se sont déclarés dans la seule journée de jeudi dernier», indiquait la préfecture. 

Une fatalité? 

Ces feux de printemps ont certes trouvé un terrain propice et favorable à leur propagation avec la sécheresse des sols, un déficit de pluviométrie et des vents proches de 50 km/h. Sans oublier le manque d’entretien par les propriétaires de certaines parcelles. Débroussailler les sous-bois incombe effectivement à ces derniers dans le cadre d’une bonne gestion de la forêt. Et puis, on est obligé de constater qu’en Gironde, si 14 % des feux de forêt sont consécutifs à la foudre, les 86% restants ont une cause humaine! Souvent involontaire mais toujours dangereuse ! Trois pompiers ont encore été blessés, jeudi dernier. Attention notamment aux «mégots criminels» laissés dans la nature!