Sud-Ouest du 28 décembre 2016 par Jérémy Chatet 

Lesparre-Médoc : « Il n’y a pas de risque que la maternité ferme »

Il n'y a pas de risque Photo Archives J. L.

Le directeur de la clinique mutualiste de Lesparre, Yann Pilatre, se félicite de la diversification de son établissement tout en déplorant la baisse des aides de l’État. 

Yann Pilatre, directeur de la clinique mutualiste de Lesparre, dresse le bilan de sa structure en 2016, dont l’activité continue de croître.

« Sud Ouest » La clinique a ouvert plusieurs services l’an dernier (gériatrie, soins palliatifs), quel en est le premier bilan ? 

Yann Pilatre En trois ans, la clinique a augmenté sa capacité de 40 %. Cela s’est concrétisé par trois ouvertures majeures : le service de soins de suite et de réadaptation, avec 30 lits qui ont accueilli, en 2016, 330 patients pour des moyens séjours ; les soins palliatifs, avec 5 lits dont la capacité va être portée à 8 d’ici l’an prochain ; et, enfin, le service de gériatrie qui comporte 12 lits et qui a accueilli 250 patients pour de courts séjours. 

Concernant le volet chirurgical, nous avons reçu le renfort d’un chirurgien supplémentaire, spécialisé dans les membres supérieurs. Nous avons également renforcé le pôle ophtalmologique, une de nos priorités. Désormais, cinq ophtalmologues opèrent à Lesparre dont trois qui consultent également à la clinique. 

Les urgences avaient accueilli 18 000 patients l’an dernier. Qu’en est-il cette année ? 

Le bilan est sensiblement le même. Il y a une hausse, comme chaque année, de l’ordre de 2 à 3 %. 

Au niveau financier, la clinique de Lesparre finira-t-elle l’année excédentaire ? 

Non, nous devrions accuser un léger déficit, malgré une activité plus forte. Cette hausse de 3 % sur l’année représente une prise en charge d’environ 1 000 patients supplémentaires pour atteindre au total 11 500. 

Justement, comment expliquer ce déficit alors que la fréquentation de la clinique augmente ?

Ce sont principalement à cause des ponctions budgétaires effectuées par les pouvoirs publics. Tous les établissements de santé sont concernés. Pour le nôtre, c’est entre 300 000 et 400 000 euros en moins, ce qui représente une somme énorme. 

Concernant la maternité, l’objectif de 500 naissances est-il atteint ? 

Non et je ne pense pas qu’il sera atteignable. Cette année, nous serons à environ 300 naissances contre 282 en 2015. Les moyens techniques nous limitent, car nous ne prenons en charge qu’un seul type de grossesse, celles sans complications particulières. La moyenne, dans le Médoc, ne dépasse pas 400 à 450 bébés par an.

Mais cela ne pose pas de problèmes concernant l’agrément délivré par l’Agence nationale de santé (ARS). Notre structure est considérée comme une maternité de proximité. Son financement est particulier, il n’est pas lié uniquement à l’activité. Il n’y a donc pas de risque que la maternité ferme. 

Quels sont les projets pour 2017 ? 

Le plus abouti concerne l’hôpital de jour médical qui doit ouvrir en janvier. Il s’agira d’une prise en charge journalière pour les patients qui, auparavant, devaient venir à plusieurs reprises pour effectuer des bilans médicaux. Désormais, ils pourront tout faire sur la même journée.

Ensuite, nous allons reconstruire un nouveau service ambulatoire pour les malades qui viennent pour la journée. À terme ils devraient représenter 70 % de l’activité.

En parallèle, la clinique va se doter d’une unité de dialyse médicalisée. La convention a été validée avec le CHU de Bordeaux, elle devrait voir le jour en 2018.

Enfin, d’ici le début de l’année, nous allons mettre en place des consultations mémoires pour les patients âgés, en partenariat avec l’hôpital suburbain du Bouscat. Cela devrait réduire les délais d’attente qui sont actuellement de plusieurs mois.